Des élections sur fond de corruption

— 

Tous les partis engagés dans les élections législatives de dimanche en Ukraine professent, la main sur le cœur, leur volonté de lutter contre la corruption. Au quotidien, la réalité est tout autre.
Au classement mondial établi en 2011 par l'organisation Transparency International, l'Ukraine pointe au 152e rang sur 183. Le cabinet Ernst & Young la classe même parmi les trois nations les plus corrompues de la planète, avec la Colombie et le Brésil. Police, justice, santé, Parlement, éducation, logement, urbanisme : la corruption est une pratique quasi culturelle pour les 46 millions d'Ukrainiens. « Même mourir vous coûte de l'argent. Il faut désormais verser un pot-de-vin pour trouver une place au cimetière », a lancé Vitali Klitschko, champion du monde WBC de boxe poids lourds, qui s'est lancé en politique, lors d'un meeting. Le Parti des régions du président Viktor Ianoukovitch part favori face à une opposition divisée et affaiblie par l'incarcération de Ioulia Timochenko pour abus de pouvoir. Le scrutin sera surveillé par 3 800 observateurs étrangers et 240 000 scrutateurs locaux.