Israël accusé d'avoir violé la trêve

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Le cessez-le-feu instauré il y a une semaine entre le
Liban et Israël est plus précaire que jamais. Samedi, un commando israélien a mené un raid contre un bastion du Hezbollah près de la ville de Baalbek, à l’est du Liban. Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a aussitôt dénoncé une « violation » de la
trêve et appelé les deux parties à un maximum de retenue. L’Etat hébreu a au contraire présenté son raid comme une riposte à une violation de la résolution 1701 de l’ONU – laquelle a établi la trêve et prévu un embargo sur la fourniture d’armes au Hezbollah. Selon lui, le raid visait ainsi à « empêcher des
livraisons d’armes au Hezbollah de l’Iran et de la
Syrie », les deux « parrains » du groupe chiite. L’explication n’a pas convaincu le Premier ministre libanais, Fouad Siniora, qui a fustigé une « violation flagrante » de la cessation des hostilités. L’objectif
exact du raid israélien reste de fait assez flou. Selon
la radio publique israélienne, il aurait pu viser à libérer les deux soldats israéliens capturés le 12 juillet par le Hezbollah, ce qui fut le détonateur du conflit. Dans la
Bekaa, la région touchée par le raid, certains affirment de leur côté que l’objectif des Israéliens était de capturer Mohammed Yazbek, membre du Conseil consultatif du Hezbollah, la plus haute instance
dirigeante du parti. Cette entorse au cessez-le-feu
pourrait perturber le déploiement, pour la première
fois depuis plus de trente ans, de l’armée libanaise dans le sud du pays, à la frontière avec Israël. Elle inquiète également l’ONU, qui redoute que ces incidents relancent la guerre, déjà responsable
de la mort de1 300 personnes au Liban et plus de 150 Israéliens. Une crainte d’autant plus fondée qu’Israël a déclaré vouloir continuer ses raids pour empêcher les transferts d’armes au Hezbollah.

Faustine Vincent