Débat: Obama remporte le dernier débat mais Romney passe le test

ETATS-UNIS Le président sortant a maîtrisé son sujet lors du dernier débat mais son adversaire a prouvé qu'il avait la stature pour devenir le commandant en chef...

Philippe Berry

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Mitt Romney et Barack Obama, le 22 octobre 2012, lors du troisième et dernier débat présidentiel.
Mitt Romney et Barack Obama, le 22 octobre 2012, lors du troisième et dernier débat présidentiel. — J.REED/REUTERS

De notre correspondantaux Etats-Unis,

C'était le dernier face à face entre Mitt Romney et Barack Obama, deux semaines avant le scrutin du 6 novembre. Lundi soir, le président a dominé les échanges sur la politique étrangère mais Mitt Romney n'a pas fait de gaffes et s'est montré calme et posé. Surtout, il a réussi à souvent ramener les échanges sur la priorité numéro un des Américains: l'économie.

 

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Le vainqueur: Barack Obama

53% des téléspectateurs donnent la victoire à Obama, 23% à Romney, selon un sondage CBS réalisé à chaud. L'écart est plus serré dans l'étude CNN: 48% vs 40%. Mais pour le stratégiste républicain Patrick Dorinson, Mitt Romney a réussi son débat car «il passé avec succès le test de la politique étrangère et il a montré qu'il avait les épaules assez larges pour devenir le commandant en chef». Les chiffres semblent lui donner raison: 60% des sondés par la chaîne câblée estiment que le candidat républicain est «prêt» à diriger le pays, soit seulement six points de moins que Barack Obama.

 

Le phrase du soir: «Nous avons aussi moins de chevaux et de baïonnettes qu'en 1917»

Promettant de ne «pas diminuer le budget militaire», Mitt Romney a attaqué Barack Obama sur le nombre de navires de la Navy en déclin depuis la Première Guerre mondiale. Réponse d'Obama: «Nous avons aussi moins de chevaux et de baïonnettes qu'en 1917. Nous avons des sous-marins nucléaires et des avions bombardiers et des drones. Il faut s'adapter à son temps.» Obama s'est encore moqué de la sortie de son adversaire sur la Russie, déclarée ennemi géopolitique numéro un. «La Guerre froide est finie depuis 20 ans. Vous semblez vouloir ressusciter la politique étrangère des années 1980.»

 

Le fond: Peu de désaccords sur la politique internationale

Les deux candidats viendraient au secours d'Israël en cas d'attaque, veulent empêcher l'Iran de devenir une puissance nucléaire, chasser Bachar El-Assad sans envoyer de soldats américains en Syrie, continuer le dialogue avec le Pakistan et forcer Pékin «à jouer avec les mêmes règles économiques que tout le monde». «Mitt Romney a passé trop de temps à être d'accord avec Barack Obama», selon le stratège démocrate James Carville. Qui concède toutefois que le candidat républicain n'a pas fait de gaffes et qu'il a montré qu'il «connaissait les dossiers». L'ancien gouverneur du Massachusetts a bien accusé le président de présenter «une image faible de l'Amérique» face à l'Iran ou encore d'avoir commencé son mandat «en s'excusant». Mais après trois débat, la rhétorique commence à s'émousser. «On a parfois l'impression que vous feriez les mêmes choses mais en criant un peu plus fort et en imaginant que cela ferait une différence», a rétorqué Obama.

 

La forme: Obama agressif, parfois trop

Comme lors du second débat, le président a parfois coupé la parole au candidat républicain, l'attaquant frontalement, même quand la question du modérateur ne s'y prêtait pas. «Vous savez, m'attaquer personnellement ne constitue pas un programme», a répété deux fois Romney. «On aurait dit que Mitt Romney était le président et Barack Obama le challenger», estime le contributeur conservateur de Fox News Charles Krauthammer. Selon lui, l'attitude d'Obama «pourrait faire fuir les femmes et les indépendants».

 

L'économie, invitée sans surprise

Autant qu'il a pu, Mitt Romney a ramené les échanges sur l'économie, lançant: «On ne peut pas être forts à l'international sans être forts chez nous. Ce n'est pas le cas avec 23 millions de personnes au chômage ou ayant renoncé à chercher un emploi et avec une dette de 16.000 milliards de dollars.» Obama a répété ses attaques traditionnelles sur les impôts et la délocalisation, déjà largement entendues lors des deux premiers débats. Alors que les candidats sont au coude à coude dans les sondages, les électeurs n'ont plus que deux semaines pour se décider.