"Les côtes sud de la Syrie sont désormais touchées"

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 Interview de Xavier Kremer, ingénieur au Centre de documentation et de recherche sur les pollutions des eaux (Cedre).

Quel est le rôle du Cedre ?
Nous sommes impliqués dans a gestion de l’incident qui frappe actuellement le Liban, sous l’égide du Centre régional des Nations Unies contre le pollution en Méditerranée (Rempec). Ces 15 derniers jours, nous avons assuré le secrétariat et la coordination du groupe d’experts réunis à Athènes. Notre rôle consistait à évaluer les besoins humains et financiers du Liban en matière de lutte contre la marée noire à laquelle il est confronté. Nous avons ensuite soumis un plan d’action d’assistance internationale qui a été adopté par une dizaine de pays jeudi, lors de cette réunion.

Pouvez-vous nous détailler ce plan ?
Il se déroule en trois phases :
- la première consiste à récupérer le plus gros du pétrole libre grâce à l’acheminement de moyens de lutte (humain et matériel). Elle a commencé dès l’annonce du cessez-le-feu, grâce à l’envoi de matériel par la Norvège, et nous pensons qu’elle se poursuivra jusqu’à la fin du mois de septembre. Il s’agit en effet d’un pétrole visqueux très difficile à nettoyer,
- la deuxième se concentrera sur la récupération plus fine de ce qui n’est pas libre (incrusté dans le sable ou collé aux rochers),
- enfin, la troisième étape est ce que nous appelons le « retour d’expérience », durant laquelle continuer à aider le Liban.

La marée noire qui touche le Liban peut-elle s’étendre à d’autres pays de la Méditerranée ?
Les vents et les courants marins poussent cette marée noire vers le Nord. Nous savons que les côtes sud de la Syrie sont désormais touchées. Seuls les écosystèmes proches seront pollués, les pays lointains de la Méditerranée, tel que la France, ne risquent à priori rien.

Propos recueillis par Sandrine Cochard