Le pianiste turc Fazil Say dément toute offense à l'islam

Reuters

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Le pianiste turc Fazil Say a rejeté jeudi devant un tribunal d'Istanbul l'accusation d'"offense aux valeurs religieuses" qui lui vaut d'être traduit en justice dans son pays, gouverné depuis une décennie par l'AKP, parti issu de la mouvance islamiste.

Artiste de 42 ans renommé dans le monde entier aussi bien pour son talent précoce que pour sa personnalité exubérante, Fazil Say encourt une peine de 18 mois de prison.

Il est poursuivi pour avoir diffusé sur son compte Twitter un vers d'une oeuvre du XIe siècle dans laquelle le poète persan Omar Khayyam tourne en ridicule l'hyprocrisie religieuse: «Vous dites que des rivières de vin coulent au paradis. Le paradis est-il une taverne pour vous? Vous dites que deux vierges y attendent chaque croyant. Le paradis est-il un bordel pour vous?»

«AKP: laisse l'art et les artistes tranquilles»

«Je n'accepte pas les accusations portées contre moi. Je les rejette», a dit Fazil Say dans une petite salle de tribunal pleine d'artistes venus lui manifester leur soutien. La foule était tellement nombreuse qu'elle débordait dans les couloirs.

Plusieurs dizaines de partisans du pianiste, dont des acteurs, des écrivains et d'autres musiciens, ont brandi des pancartes à l'extérieur du tribunal pour dénoncer ce qu'ils qualifient de procès politique.

«AKP: laisse l'art et les artistes tranquilles», pouvait-on lire.

Fazil Say a été laissé en liberté et son procès a été ajourné au 18 février dans l'attente d'un supplément d'enquête.