Tunisie: Ghannouchi se défend de laxisme envers les salafistes

Avec Reuters

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Le président du parti islamiste au pouvoir en Tunisie, Rached Ghannouchi, se défend dans un entretien que publie jeudi Le Monde de tout laxisme envers les salafistes mais affirme en même temps qu'il ne faut pas les diaboliser.

«Si nous voulons diaboliser les salafistes, dans dix ou quinze ans, ce seront eux qui seront au pouvoir», déclare le président d'Ennahda. «C'est pour cela que nous leur parlons en tant que citoyens, et non comme des ennemis», ajoute-t-il. L'ONG Human Rights Watch a accusé la Tunisie de ne pas poursuivre suffisamment les agressions contre des laïcs commises par des extrémistes islamistes.

Etendre l'influence des salafistes

Le camp laïc s'est ému la semaine dernière des déclarations faites par le chef de file d'Ennahda lors d'une rencontre secrète en avril dernier avec des salafistes, estimant que le parti islamiste au pouvoir n'était pas la formation modérée qu'elle prétend être. Dans une vidéo mise en ligne sur internet, Rached Ghannouchi évoque avec ses interlocuteurs les secteurs de l'appareil d'Etat tombés entre les mains des islamistes et explique aux salafistes la manière dont ils pourraient étendre leur influence dans le pays.

«On a monté toute une histoire autour de ces vidéos», déclare Rached Ghannouchi au Monde. «On en a fait un montage et extrait certaines séquences pour dire: "Ghannouchi est contre la démocratie". Il n'y avait rien contre les droits de l'Homme, rien sur un prétendu appel à un coup d'Etat ou sur la régression en ce qui concerne l'égalité des sexes».

Les trois partis de la coalition au pouvoir, qui rassemble Ennahda et deux formations classées à gauche, ont annoncé dimanche s'être mis d'accord sur l'organisation d'élections présidentielle et législatives le 23 juin 2013.