Manifestations en Grèce: Un morts, trois blessés et une cinquantaine d'arrestations

SOCIAL En marge de la journée de grève générale contre l'austérité imposée par les créanciers internationaux du pays...

B.D. avec Reuters

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La police anti-émeute est déployée sur la place Syntagma, à Athènes, et affronte des manifestants anti-austérité, le 18 octobre 2012.
La police anti-émeute est déployée sur la place Syntagma, à Athènes, et affronte des manifestants anti-austérité, le 18 octobre 2012. — REUTERS/Yannis Behrakis

Les Grecs ont observé ce jeudi une journée de grève générale contre l'austérité imposée par les créanciers internationaux du pays qui a été émaillée d'affrontements à Athènes entre manifestants et forces de l'ordre.

Un manifestant âgé de 66 ans est mort à la suite d'une crise cardiaque sur la place Syntagma, où se trouve le Parlement, a-t-on appris auprès de la radio Skaï. L'homme a été victime d'une insuffisance respiratoire et d'une crise cardiaque. Il est décédé après son arrivée à l'hôpital. Un petit groupe de jeunes cagoulés et masquésavait initialement fait reculer la police qui bloquait le passage devant les grands hôtels de la place. Des cocktails molotov ont été lancés sur la police qui a répondu avec des gaz lacrymogènes. A Salonique dans le nord du pays, la police a recensé 17.000 manifestants.

Arrestations

Des heurts ont éclaté lorsque des manifestants ont lancé des cocktails Molotov et des morceaux de marbre sur la police sur la place Syntagme, devant le Parlement. La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Un manifestant de 65 ans est mort d'une crise cardiaque, a-t-on appris auprès des services hospitaliers. Trois autres personnes ont été blessées. Une cinquantaine de manifestants soupçonnés d'avoir attaqué la police ont été interpellés.

Cinq manifestations séparées étaient prévues dans la journée. Des barrières métalliques avaient été installées place Syntagme, et près de 4.000 policiers mobilisés. La plupart des services publics et des entreprises du secteur privé avaient cessé leur activité pour cette grève de 24 heures à l'appel des deux principaux syndicats du pays, ADEDY pour le secteur public, et GSEE pour le secteur privé.

«Ça suffit. Ils ont creusé nos tombes, nous ont poussés dedans et on n'attend plus que le prêtre pour prononcer l'extrême-onction», dit Konstantinos Balomenos, 58 ans, employé dans une usine de traitement des eaux. Son salaire a été réduit de moitié, à 900 euros, et il a deux fils au chômage. «Cette austérité incite toute l'Europe du Sud à se rebeller, l'euro va être détruit. On nous demande de payer pour ce que nos hommes politiques ont détourné.»

Colère croissante de la population

La majeure partie du pays a tourné au ralenti ce jeudi. Les bateaux sont restés à quai, les transports publics de la capitale ont été fortement perturbés et les hôpitaux n'assuraient qu'un service minimum. Services publics, ministères et beaucoup de commerces sont restés portes closes. Propriétaires de kiosques de journaux, avocats, chauffeurs de taxi et contrôleurs aériens devaient se joindre aux manifestations pour protester contre la réduction drastique des dépenses sociales et de santé.

Les sondages font état d'une colère croissante de la population à l'encontre du plan de renflouement. «Les nouvelles exigences vont dilapider ce qui reste de nos droits sociaux, de nos droits à la retraite et de notre droit du travail», selon le syndicat Adedy. Le GSEE qui couvre le secteur privé en Grèce a annoncé qu'il allait se joindre à une journée d'action européenne le 14 novembre, également annoncée par les syndicats portugais. Dans le défilé athénien, des sidérurgistes belges s'étaient joints au cortège avec une banderole «Nous sommes tous des Grecs».