Finul renforcée: la France pour une participation symbolique

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Quarante-neuf pays doivent participer jeudi à une réunion avec les experts de l'Onu destinée à préciser les termes d'engagement de la future force de l'Onu au Liban, avant que certains d'entre eux décident de lui fournir des contingents, a-t-on appris mercredi de source onusienne.
Cette réunion, prévue dans l'après-midi au siège de l'Onu, doit permettre "d'éclaircir les termes d'engagement de la Finul renforcée prévue par la résolution 1701 du Conseil de sécurité, et d'en définir clairement les implications légales", a déclaré cette source à l'AFP, sous couvert de l'anonymat.
Elle doit être aussi l'occasion pour le département de maintien de la paix de l'Onu d'exposer avec précision les besoins logistiques et financiers liés au déploiement d'une telle force.
Après cette réunion, les différentes délégations recontacteront leurs capitales avant de faire d'éventuelles offres de contribution, a ajouté cette source. Elle a précisé que sur les 49 pays invités, seuls une vingtaine étaient susceptibles de faire des offres, soit de troupes, soit de contributions logistiques, les autres participant à titre d'observateurs.
La résolution 1701 prévoit le déploiement au Liban sud d'une Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban) renforcée de 15.000 hommes (contre 2.000 actuellement), en appui de 15.000 soldats de l'armée libanaise promis par Beyrouth, parallèlement au retrait progressif de l'armée israélienne.
Les termes d'engagement sont un élément crucial dans la prise de décision des contributeurs potentiels de troupes, qui veulent notamment savoir si les Casques bleus seront en mesure de se défendre en cas d'attaque et quel rôle ils pourraient être amenés à jouer dans le désarmement du Hezbollah.
Plusieurs pays, dont la France sur laquelle l'Onu compte pour fournir l'ossature de la future force, ont souhaité obtenir des précisions sur ces termes avant de s'engager.
La ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie, s'est ainsi refusée mercredi à indiquer combien de troupes Paris pourrait fournir, mettant en garde contre l'envoi d'une force sans mission précise ou moyens adaptés.
"La question aujourd'hui, ce n'est pas combien et quand. C'est pour quoi faire et comment", a-t-elle dit à une chaine de télévision française. Selon elle, le mandat de l'Onu au Liban sud est "quelque chose de flou". Selon Le Monde, la force française serait constituée de 200 hommes.
Même position à Rome où son collègue italien, Arturo Parisi, a déclaré que l'Italie attendait encore de l'Onu une réponse "forte et claire" sur "la chaîne de commandement, l'interprétation exacte du mandat et les règles d'engagement" de la future force.
Selon des sources françaises, Paris pourrait fournir entre 2.000 et 4.000 hommes. Italie, Maroc, Indonésie, Turquie, Espagne, Belgique, Portugal et Malaisie figurent parmi les autres pays cités pour participer à la Finul.
L'Allemagne a annoncé qu'elle ferait jeudi des propositions concrètes à l'Onu sur l'engagement militaire qu'elle pourrait fournir.