Le trafic d'armements nucléaires se professionnalise, selon l'AIEA

Reuters

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Les groupes qui essaient d'obtenir de l'armement nucléaire sur le marché noir sont de plus en plus professionnels, ce qui nécessite la mise en oeuvre de nouveaux moyens pour éviter que du matériel sensible ne tombe entre leurs mains, a déclaré ce mercredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Yukiya Amano, qui s'exprimait devant le groupe de réflexion Chatham House à Londres, estime qu'un des risques principaux est la contamination d'une grande ville par l'explosion d'une «bombe sale», un engin pouvant associer des explosifs conventionnels comme de la dynamite avec des matériaux radioactifs.

«L'accès des terroristes au matériel nucléaire est une véritable menace (...) . Les quantités (émanant du trafic illicite) sont faibles mais elles deviennent de plus en plus (le fait de) professionnels», a déclaré Yukiya Amano.

«Une réelle menace»

Depuis sa création en 1995, la base de données de l'AIEA sur les trafics illicites, chargée de répertorier les vols et autres activités illégales concernant du matériel nucléaire ou radioactif, a enregistré plus de 2.200 faits.

Selon les spécialistes du nucléaire, le matériel traité en contrebande provient de stocks situés en Russie et dans d'autres pays de l'ex-bloc soviétique où la surveillance de nombreux réacteurs et sites de recherche de cette époque laisse à désirer.

Yukiya Amano, tout en qualifiant de «mineurs» la plupart des incidents constatés, souligne que «certains sont très graves».

«C'est une réelle menace. Nous devons rassembler de l'information et nous devons l'analyser. Nous devons former des gens et (leur) fournir du matériel», estime le patron de l'AIEA.