La Commission européenne écarte un commissaire soupçonné de trafic d'influence

20 Minutes avec AFP
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La Commission européenne, dont le rôle ne cesse de croître au point d'avoir désormais un droit de regard sur les budgets des Etats de l'UE, a décidé de frapper vite et fort en se débarrassant d'un de ses commissaires soupçonné de trafic d'influence et éviter ainsi le risque d'une démission collective.
La Commission européenne, dont le rôle ne cesse de croître au point d'avoir désormais un droit de regard sur les budgets des Etats de l'UE, a décidé de frapper vite et fort en se débarrassant d'un de ses commissaires soupçonné de trafic d'influence et éviter ainsi le risque d'une démission collective. — John Thys afp.com

La Commission européenne, dont le rôle ne cesse de croître au point d'avoir désormais un droit de regard sur les budgets des Etats de l'UE, a décidé de frapper vite et fort en se débarrassant d'un de ses commissaires soupçonné de trafic d'influence et éviter ainsi le risque d'une démission collective.

Le Maltais John Dalli, en charge de la Santé et de la Protection des consommateurs, a été contraint à la démission mardi, avec «effet immédiat», pour avoir couvert une tentative d'extorsion et de corruption, a expliqué ce mercredi le directeur général de l'Office européen de lutte antifraude (Olaf) Giovanni Kessler au cours d'une conférence de presse au siège de la Commission à Bruxelles.

Motifs obscurs de la faute du commissaire 

Particulièrement exposé aux activités des lobbyistes, l'ancien commissaire, en charge de dossiers très sensibles comme la législation contre le tabac, mais aussi la question des OGM, les autorisations de médicaments ou la sécurité alimentaire, réfute ces accusations. Il dément avoir démissionné de son propre gré et dénonce des charges «fausses» destinées à l'éliminer.

Cette démission, qu'elle soit volontaire ou contrainte, permet à Manuel Barroso d'écarter la menace d'une démission collective à laquelle avait été contrainte l'équipe dirigée par le Luxembourgeois Jacques Santer le 15 mars 1999. Elle a été motivée par les conclusions d'une enquête menée par l'Olaf à la suite d'une plainte d'un fabricant de tabac suédois, Swedish Match.

La faute reprochée à John Dalli reste en conséquence obscure. Et plusieurs voix se sont élevées pour souligner que son départ profite à l'industrie du tabac. «Nous espérons que cette démission ne va pas avoir pour conséquence ce que les grandes entreprises du tabac veulent, à savoir bloquer une législation anti-tabac plus sévère», a ainsi commenté Monika Kosinska, directrice de l'Alliance pour une santé publique européenne (EPHA).