Présidentielle américaine: Barack Obama vainqueur du 2e débat

ETATS-UNIS Mais Barack Obama n'a pas mis KO Mitt Romney, dont les crochets sur l'économie ont fait des dégâts...

Philippe Berry

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Mitt Romney et Barack Obama s'affrontaient mardi 16 novembre 2012 dans un deuxième débat télévisé, dans le cadre de la présidentielle américaine.
Mitt Romney et Barack Obama s'affrontaient mardi 16 novembre 2012 dans un deuxième débat télévisé, dans le cadre de la présidentielle américaine. — Carolyn Kaster/AP/SIPA

De notre correspondant

Obama a retenu la leçon. Après une mauvaise performance il y a dix jours, le président est venu remonté à bloc, mardi, pour le second débat, à l'Université d'Hofstra, dans l'Etat de New York. Dans l'arène, Mitt Romney n'a pas rendu les armes, a fait mal à Obama sur l'économie mais a sans doute perdu des plumes sur le vote des femmes et des minorités.

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Décision des arbitres: Obama vainqueur aux points

Selon un sondage réalisé à chaud par CNN, 46% des téléspectateurs déclarent le président vainqueur, contre 39% Mitt Romney. CBS donne le même écart, 37% vs 30%, le reste estimant que la rencontre s'est soldée par un match nul. Mitt Romney a fait meilleure impression sur l'économie (65% vs 34%) mais Obama a davantage séduit avec sa vision pour la classe moyenne (56% vs 43%).

Round 1, sur l'économie: Avantage Romney

«Obama a une mission difficile: faire campagne avec son bilan», relève le stratège républicain Patrick Dorinson. Mitt Romney en a profité, comparant «les promesses du candidat Obama» et «la réalité des chiffres». Crochet du droit: «Ce n'est pas moi qui ai promis un taux de chômage à 5,4%. La différence avec le taux actuel, ce sont 9 millions d'Américains sans travail.» Le président s'est surtout protégé, rappelant que son administration avait créé «5 millions d'emplois» au cours des 30 derniers mois. «Mais vous en aviez perdu 5 millions avant», riposte Romney. A propos de la dette, le président a attaqué «les maths» républicaines. «Vous voulez une équation mal équilibrée? Les 4.000 milliards de dollars ajoutés à la dette», rétorque Romney, attaquant aussi Obama sur le prix à la pompe qui a doublé en quatre ans. La preuve, selon lui, que la politique d'énergie d'Obama «ne marche pas».

Round 2, sur les impôts: Avantage Obama

«Est-ce juste que quelqu'un comme Mitt Romney, qui gagne 20 millions de dollars par an, bénéficie d'un taux d’imposition plus bas que celui payé par un chauffeur de bus ou une infirmière?», a demandé Obama, apportant lui-même la réponse: «Sur CBS, Mitt a répondu ''oui'', car selon lui, cela est bon pour la croissance». Le président a encore opposé le «mythe» républicain «du ruissellement du haut vers le bas de la richesse» et sa vision d'une croissance construite «du bas vers le haut». Romney, lui, a juré «que les riches ne contribueraient pas moins» qu'actuellement, mais Obama avait piqué la calculatrice de Bill Clinton. «L’arithmétique n'est pas là», conclut le président. Qui avait gardé sa meilleure attaque pour la fin. «Quand Mitt Romney parle, en privé, de 47% de victimes qui refusent de prendre leur vie en main, il parle de retraités, de vétérans qui ont sacrifié leur vie pour ce pays, d'étudiants qui essaient de s'en sortir mais ne gagnent pas assez. Je veux me battre pour eux.»

Round 3, sur l'international: Egalité

Romney avait un atout en or avec l'attaque contre le consulat de Benghazi. Obama a d'abord patiné, esquivant une question sur la demande d'aide ignorée par le département d'Etat pour renforcer la sécurité en Libye. Mais Romney s'est ensuite pris les pieds dans le tapis, accusant plusieurs fois le président de ne pas avoir employé le mot «terroriste» le lendemain. «C'est faux, vérifiez ma déclaration», répond Obama, ce qu'a confirmé la modératrice, dans une intervention déjà critiquée par les conservateurs. Surtout, Obama a contrattaqué avec passion, concluant: «Suggérer que moi, la secrétaire d'Etat ou quelqu'un de mon équipe, nous ayons tenté de jouer à un jeu politique quand nous avons perdu quatre Américains est insultant. Je suis le président. Ce n'est pas ce que je fais en tant que commandant en chef (...) quand j'accueille les cercueils.»

Round 4, sur les questions de société: Avantage Obama

«Mitt Romney a perdu gros sur l'électorat féminin et surtout latino, qui sera critique dans des Etats comme la Floride ou le Nouveau Mexique», estime le stratège démocrate Garry South. Mitt Romney a en effet dû expliquer ce qu'il avait voulu dire par «self deportation» («expulsion de son plein gré»). Et Obama a rappelé que le républicain était opposé à la régularisation des enfants illégaux qui onr effectué leur scolarité aux Etats-Unis. Le démocrate a encore accusé son adversaire de vouloir «couper les fonds» à des programmes pour les femmes et pour les étudiants. La banderille finale: «Sur certains questions sociales, Mitt Romney a des positions plus extrêmes que George W. Bush

Dernier débat: Lundi 22 octobre

Après le premier set pour Romney, puis le second pour Obama, les candidats pourront se départager la semaine prochaine, pour un débat principalement consacré à la politique étrangère. Le verdict des électeurs, lui, tombera le 6 novembre.