Le Hezbollah initie déjà la reconstruction

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« Vous reviendrez la tête haute dans vos maisons », avait affirmé Hassan Nasrallah le 29 juillet dans l’une de ses allocutions télévisées massivement suivies. Le 14 août, alors que les armes venaient de se taire, il avait renchéri, promettant à chaque famille une aide financière leur permettant de trouver un logement décent le temps de reconstruire les maisons. La population libanaise, qu’elle soit pro ou anti Hezbollah, reconnaît une qualité au chef du Hezbollah : il tient toujours ses promesses.

Dès l’entrée en vigueur de la trêve lundi matin, les réfugiés se sont donc précipités sur la route du retour, que ce soit vers le Sud du pays ou vers la banlieue de Beyrouth. Et depuis mardi, dans les quartiers détruits de la capitale, un constat s’impose : le Hezbollah est de retour aux affaires. A chaque coin de rue, un homme en armes ; à chaque immeuble, un portrait du «Sayyed». Fort d’une popularité acquise sur le terrain, le parti de Dieu est entré dans une logique de reconstruction, prenant de vitesse les opérateurs internationaux et l’Etat libanais lui-même. Dans les rues de Dahyeh, des membres du parti, installés devant des bureaux de fortune sur le trottoir, recueillent les doléances des chefs de famille. « Moi, j’ai perdu ma maison, déclare Ali, un père de famille de 45 ans. Alors je viens m’inscrire sur les listes. Je ne sais pas combien de temps cela prendra, mais je suis sûr que le Hezbollah va nous aider. »

En plus de quinze ans, le Hezbollah est parvenu à mettre en place, à l’attention des populations civiles, un réseau associatif très implanté et très efficace, structuré autour de trois associations: el-Jarih (aide aux personnes blessées ou handicapées), el-Shahid (indemnisation des familles des martyrs) et surtout Jihad al-Binna. Cette dernière va prendre en charge la reconstruction et la réhabilitation des zones résidentielles détruites par les bombardements israéliens. Selon Hassan Nasrallah, 15000 foyers sont concernés, qui pourront recevoir jusqu’à l’équivalent d’un an de loyer ou même du liquide à hauteur de 20.000 dollars. Si le secrétaire général n’a pas avancé le montant total de l’aide, la population meurtrie, elle, n’a pas hésité à l'accepter.

Texte et photos : David Hury

Photo 1 : Hassan Nasrallah, lors de son discours le 14 août, a promis des indemnités aux victimes des bombardements.
Photo 2 : En banlieue sud de Beyrouth, tout le monde affiche son soutien au Hezbollah.
Photo 3 & 4 : Drapeaux et slogans fleurissent sur les ruines.