Procès des accusés du 11-septembre: L'audience préliminaire s'ouvre dans le calme

ETATS-UNIS Khalid Cheikh Mohammed et quatre autres accusés sont jugés devant un tribunal militaire de la base de Guantanamo.

Reuters

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Khalid Cheikh Mohammed, cerveau présumé des attentats du 11 septembre 2001, lors d'une audience à Guantanamo, le 15 octobre 2012.
Khalid Cheikh Mohammed, cerveau présumé des attentats du 11 septembre 2001, lors d'une audience à Guantanamo, le 15 octobre 2012. — REUTERS

A près plusieurs reports successifs, les audiences préliminaires du procès de Khalid Cheikh Mohammed, cerveau présumé des attentats du 11 septembre 2001, et de quatre autres suspects ont débuté dans le calme ce lundi devant un tribunal militaire de la base américaine de Guantanamo.

Le ton policé des débats, qui ont porté sur la représentation juridique des accusés, a tranché fortement avec les audiences chaotiques du mois de mai, au cours desquelles les accusés avaient tenu des propos provocateurs, refusant de répondre aux questions du juge et d'écouter la traduction des procédures.

Cette fois, les cinq hommes ont au contraire écouté avec attention et ont répondu calmement au président du tribunal, le colonel James Pohl, lorsqu'il les a interrogés sur un potentiel conflit d'intérêts après le transfert de l'avocate de la défense Suzanne Lachelier. Cette dernière représente maintenant l'équipe du Saoudien Moustapha al-Houssaoui, qui est accusé d'avoir fourni de l'argent aux onze pirates de l'air des attentats.

La demande des accusés concernant leur tenue vestimentaire semble par ailleurs avoir été entendue. Khalid Cheikh Mohammed, dont la barbe était teinte au henné, arborait une veste sombre sur une tunique blanche et un turban enroulé lâchement autour de la tête. Les autres portaient des keffiehs aux couleurs vives. Leurs avocats s'étaient plaints après l'audience de mai du fait que leur clients n'avaient pas été autorisés à porter des vestes et des foulards.

«Il faut évoquer la torture»

Un échange bref mais animé a toutefois perturbé l'audience de lundi lorsque la question très sensible de la torture a voulu être soulevée par la défense. «Il faut évoquer la torture», a demandé le conseil de Mohammed, le capitaine d'aviation Michael Schwartz.

«Non, nous le ferons pas», a répondu sèchement le juge. «Je pense qu'il le faudrait», a lancé l'avocat, ce à quoi le président de séance a tranché par un très vif: «Je vous dis que je ne pense pas que cette question soit pertinente au débat. Le débat est clos!»

Multiples reports

L'ouverture du procès a été retardée de plusieurs mois pour de multiples causes: une tempête tropicale, le mois du ramadan, une panne informatique ou encore la découverte de rats morts et vivants et de moisissures dans les locaux servant de bureaux aux avocats de la défense.

Les cinq accusés, qui sont passibles de la peine de mort, sont jugés depuis mai sur la base navale que l'armée américaine loue aux autorités cubaines. D'abord prévue en juin, leur audition avait déjà été repoussée en raison des impératifs de leurs avocats.

Les locaux ont depuis été nettoyés et le colonel James Pohl a repoussé une dernière demande de report de la part de la défense, qui déplore toujours le manque d'hygiène des installations.

L'avocat général, le général Mark Martins, a reconnu dimanche devant des journalistes que les audiences se déroulaient dans «un cadre relativement austère». «La justice n'est pas déterminée par le confort de l'environnement», a-t-il toutefois ajouté.

La justice militaire américaine reproche aux quatre accusés d'avoir fourni un soutien financier et logistique aux auteurs des attentats du 11 septembre 2001, qui ont fait au total 2.926 morts à New York et Washington.

Les audiences préliminaires devraient aborder cette semaine un certain nombre de sujets relevant du secret d'Etat. La défense souhaite que le tribunal lève le secret sur le sort réservé aux accusés lors des interrogatoires qui ont eu lieu dans les prisons clandestines de la CIA, avant leur transfert à Guantanamo en 2006.

Le président du tribunal devra également répondre aux médias, qui souhaitent pouvoir être davantage présents dans la salle d'audience et savoir si la Constitution américaine s'applique aux procédures et décisions des tribunaux siégeant à Guantanamo.