Hongrie: Orban s'interroge sur l'obsolescence de la démocratie parlementaire

Avec Reuters

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Les démocraties parlementaires européennes ont des «faiblesses inhérentes» et ne sont peut-être pas adaptées pour faire face à la crise de la dette souveraine, estime le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, dans une interview parue jeudi.  Le chef du gouvernement hongrois, parfois accusé de dérive autoritaire, s'y affiche comme un «partisan passionné de la démocratie» et d'un système présidentiel à l'américaine. «Il faut se demander si les structures dirigeantes dans nos systèmes démocratiques sont toujours adaptées à l'époque», dit-il, citant les défis représentés par la crise des dettes ou la réorganisation de l'Etat-providence. 

«Nos systèmes démocratiques actuels ont des faiblesses inhérentes» ajoute-t-il dans cet entretien publié par le quotidien financier allemand Handelsblatt à quelques heures d'une rencontre avec la chancelière Angela Merkel. «Un système présidentiel convient probablement mieux qu'un système parlementaire à une époque où il faut faire passer des réformes difficiles», estime Viktor Orban.

 

Le Premier ministre hongrois pense que «plus la crise de la dette durera, plus les gens demanderont une direction politique forte». «Nous devons trouver des réponses démocratiques le plus vite possible», affirme-t-il.  Surnommé «Viktator» par ses opposants, Viktor Orban est critiqué pour un ensemble de mesures qui menacent d'après eux l'indépendance des médias, de la justice ou encore de la banque centrale.  Depuis son raz-de-marée aux législatives de 2010, qui lui a permis d'obtenir les deux tiers des sièges du Parlement et de réformer la Constitution pratiquement sans débat, le parti conservateur d'Orban, la Fidesz, ne recueille plus aujourd'hui que 16% à 18% d'opinions favorables, selon des enquêtes qui montrent également que la moitié des électeurs sont indécis.