Branle-bas de combat pour "Elle Orient"

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Fin juin, la presse internationale accueillait une petite dernière, l’édition proche-orientale du magazine féminin "Elle". Un véritable événement au Liban : "Elle" a sorti sa version francophone en juillet, celle en arabe était prévue pour novembre prochain. Mais depuis le 12 juillet, tout a changé. Le numéro d’août est resté dans les cartons, et l’équipe rédactionnelle a quitté Beyrouth. « Dès les premiers jours, explique la propriétaire Désirée Sadeq, nous sommes partis du Centre-ville de Beyrouth, pour nous installer à Achrafieh, le quartier chrétien. Seulement voilà, il y a 3 semaines, le seul bombardement ayant visé cette zone épargnée, a eu lieu juste à côté de nos nouveaux bureaux. J’ai donc préféré prendre la clé des champs.» Désirée Sadeq n’a pas réfléchi bien longtemps : elle a choisi comme nouvelle destination son village natal, Les Cèdres, à 3 heures de voiture de Beyrouth. Cette station de ski, réputée pour ces fameux arbres et ses sauts en parapente, est nichée au cœur de la montagne la plus haute du Liban, Qornet el-Sawda.
« Depuis le début de la guerre, j’ai perdu quatre employés étrangers, qui ont été rapatriés vers l’Europe. Les autres ont déménagé avec moi. Leurs familles sont venues s’installer là-haut. En plus, le rédacteur en chef est également médecin (sic !). Il exerce dans le Akkar, la région plus au nord. Il y a eu aussi des bombardements là-bas. »
Mais après, comment Elle Orient va-t-il pouvoir continuer ? D’abord, le journal dispose de réserves de papier (6 numéros). Désirée Sadeq préfère pour l’instant différer la publication du prochain numéro, qui sera un numéro double. « Nous avons la chance d’avoir les reins solides, car nous faisons partie d’un groupe de presse international. D’ailleurs, nous recevons des e-mails très touchants de toutes les autres éditions étrangères. Tous savent que Beyrouth est la capitale de la presse libre au Proche-Orient. Elles se sentent toutes concernés par le sort de la petite dernière de la famille. Il faut que la guerre cesse, car nous ne voulons pas déménager dans une autre capitale du monde arabe. Pour nous, chaque semaine qui passe est une année de perdue… » 

David Hury