Le président rwandais dénonce le «chantage» à l'aide occidentale

Reuters

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Le président rwandais Paul Kagame a affirmé ce jeudi que les gouvernements occidentaux se trompaient lourdement en accusant Kigali de soutenir la rébellion dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) et en menaçant de suspendre leur aide à Kigali.

Lundi, les Etats-Unis ont demandé au gouvernement rwandais de dénoncer officiellement les rebelles du M23 qui affrontent depuis avril l'armée congolaise dans l'est de la RDC.

Intervenant jeudi devant le Parlement rwandais, Paul Kagame a affirmé que des crimes gratuits étaient commis «au grand jour» en RDC sans pour autant être condamnés par le gouvernement de Kinshasa ou les pays occidentaux. Pour lui, ce ne sont pas les Rwandais qu'il faut mettre en cause pour les crimes qui se déroulent au Congo, mais bien les Congolais eux-mêmes.

Applaudissement des députés

Les pays donateurs, dont les Etats-Unis, ont menacé de suspendre leur aide au Rwanda à la suite d'un rapport des Nations unies selon lequel des responsables rwandais fournissent des armes et un appui logistique au M23.
«Cette persécution n'a aucune raison d'être», a lancé le président Kagame sous les applaudissements des députés.

«Gelez l'aide au Rwanda, gelez cette aide ! Cette injustice ne nous fera pas plier, bien au contraire.» «Depuis plus de dix ans, on accuse le Rwanda d'être responsable des problèmes du Congo. Pourquoi les Congolais n'ont-ils pas le courage de s'en prendre à eux-mêmes et de reconnaître leur part de responsabilité?»

«Et qu'est-ce que c'est que ce chantage? Ils vous accordent de l'aide pour que vous dépendiez d'eux et que vous chantiez leurs louanges. Cette aide, c'est un instrument de contrôle et de domination», a poursuivi Paul Kagame.
Fin septembre, l'Union européenne a décidé de suspendre son aide financière au Rwanda.

Plusieurs Etats et organisations ont également suspendu leur aide depuis la publication du rapport de l'Onu selon lequel Kigali est impliqué dans le soulèvement qui a déplacé 470.000 personnes depuis six mois dans l'est de la RDC. L'Union européenne a accordé en 2009 une aide de 175 millions d'euros sur six ans au Rwanda.