Turquie-Syrie: La communauté internationale se mobilise

Reuters
— 
Recep Tayyip Erdogan devant le Parlement turc, à Ankara, le 26 juin 2012.
Recep Tayyip Erdogan devant le Parlement turc, à Ankara, le 26 juin 2012. — Burhan Ozbilici/AP/SIPA

L'armée turque a bombardé mercredi soir plusieurs cibles en territoire syrien après un tir de mortier en provenance de Syrie qui a tué au moins cinq personnes à Akçakale, un village turc proche de la frontière déjà visé il y a cinq jours.

Damas, par la voix de son ministre de l'Information Omran Zoabi, a annoncé enquêter sur l'origine du tir et lancé un appel à la retenue, assurant que la Syrie respectait la souveraineté de ses voisins. Il a également adressé ses condoléances au peuple turc tout en exhortant les pays voisins à ne pas laisser pénétrer des «terroristes» sur son territoire.

 

L'incident, le plus grave depuis la destruction d'un avion turc par la défense antiaérienne syrienne en juin, a été fermement condamné par l'Otan et les Etats-Unis qui ont affiché leur solidarité avec Ankara, pays membre de l'Alliance. La Turquie, qui appelle au départ du président syrien Bachar al Assad, soutient les rebelles et accueille des réfugiés syriens.

 

«Goutte d'eau»

Le tir de mortier en provenance de Syrie a coûté la vie à une femme et quatre enfants de la même famille et blessé au moins huit habitants d'Akçakale. L'obus «s'est abattu en plein milieu du quartier», a déclaré Ahmet Emin Meshurgul, responsable local du Croissant-Rouge turc.

 

«Nos forces armées de la région frontalière ont immédiatement répondu à cette attaque abominable», a annoncé par la suite le cabinet du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan dans un communiqué. «Les cibles ont été frappées par des tirs d'artillerie contre des positions syriennes identifiées à l'aide de radars.» «La Turquie ne laissera pas sans réponse de telles provocations du régime syrien contre notre sécurité nationale», poursuit le communiqué.

 

Bülent Arinç, le vice-Premier ministre, avait auparavant qualifié le tir syrien de «goutte d'eau» qui fait déborder le vase et déclaré qu'il faudrait réagir à l'incident en vertu du droit international, selon des propos rapportés par l'agence turque Cihan.

 

Réunions à l'Otan et à l'Onu

A Bruxelles, l'Otan a exigé l'arrêt par la Syrie de toute «violation flagrante du droit international» et de tout acte agressif de Damas à l'encontre de la Turquie. L'organisation s'est réunie d'urgence à Bruxelles conformément à l'article 4 du traité de l'Atlantique Nord qui prévoit des consultations extraordinaires si l'une des parties juge que son «intégrité territoriale» est «menacée». Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a dit plusieurs fois que l'Otan n'avait pas l'intention d'intervenir en Syrie, mais qu'elle était prête à défendre la Turquie, si nécessaire.

 

A Washington, la Maison blanche a jugé que cet incident devait convaincre la communauté internationale de faire pression sur le président syrien Bachar al Assad pour qu'il s'écarte, déclare un cessez-le-feu et engage une transition politique.

 

L'ambassadeur britannique à l'Onu, Mark Lyall Grant, a rapporté que l'incident avait été évoqué lors d'une réunion du Conseil de sécurité, qui attend désormais un courrier de la Turquie pour envisager d'éventuelles résolutions.