Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi, le 10 décembre 2007 au palais de l'Elysée, à Paris.
Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi, le 10 décembre 2007 au palais de l'Elysée, à Paris. — JOBARD/SIPA

THÉORIE DU COMPLOT

Mort de Kadhafi: Un ancien responsable du renseignement libyen continue d'accuser Sarkozy

'entourage du chef de l'Etat dément, à commencer par son ex-femme Cécilia Attias, mise en cause...

«La menace d'une révélation d'un financement de la campagne de Sarkozy en 2006-2007 a dû être la paille qui a cassé le dos du chameau.» Après s’être épanché dans la presse internationale, Rami El Obeidi a répété ce mardi à Mediapart sa théorie, selon laquelle Mouammar Kadhafi a été exécuté à la demande expresse de l’Elysée, la menace proférée par le fils du guide libyen de faire des annonces ayant été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

«Les fréquentes visites de Cécilia Sarkozy en Libye»

Présenté comme l’ex-coordinateur du renseignement extérieur auprès du Conseil national de transition libyen, Rami El Obeidi a répété ses accusations à l’encontre de l’ancien chef de l’Etat, ajoutant que «la DGSE et des responsables à l’Élysée» étaient à la manœuvre. L’homme en a profité pour ajouter un nom à sa liste: celui de Cécilia Attias, ex-femme de Nicolas Sarkozy.

Interrogé par Mediapart au sujet de la façon dont aurait été financée la campagne pour la présidentielle 2007 de l’ancien chef de l’Etat, Rami El Obeidi a mis en cause l’ex-épouse de ce dernier. «Vous devez regarder un peu plus en détail les fréquentes visites de Cécilia Sarkozy en Libye. Selon mes informations, les paiements n’ont pas eu lieu d’un coup, mais de manière partielle, notamment au travers de Nouri Mesmari, l’ancien chef du protocole du régime Kadhafi», a-t-il assuré.

«C’est totalement farfelu, absolument pas crédible!»

Si la DGSE a pour l’heure refusé de commenter les accusations dont elle fait l’objet, Cécilia Attias a quant à elle réagi. «Ce monsieur dit ce qu'il veut. Je ne suis absolument pas au courant de ce genre de choses», a éludé l’ancienne première dame. Nicolas Sarkozy avait lui-même qualifié les soupçons de financement occulte libyen de «grotesques».

«Je suis effaré de voir avec quel entrain l’opinion gobe toutes les hypothèses complotistes les plus absurdes», a ajouté dans le Parisien Bernard-Henri Lévy, proche du chef de l’Etat pendant le conflit en Libye. «Kadhafi tué par un espion français? C’est totalement farfelu, absolument pas crédible!», a de son côté affirmé le ministre de la Défense de l’époque, Gérard Longuet, ajoutant que «la Libye est un pays où courent toutes sortes de rumeurs et de supputations sans fondement».