Liban: au moins 45 morts à Chiyah

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Vers 20h lundi soir, une série d’explosions retentit dans tout Beyrouth. Ce n’est plus la banlieue sud, déjà en ruines. C’est Chiyah, un quartier résidentiel en bordure de l’ancienne ligne de démarcation, qui est touché. A cette heure-là, une dizaine enfants jouaient dans un cybercafé, les familles préparaient le dîner…
Sur place, tout le quartier est plongé dans l’obscurité la plus totale, malgré la pleine lune. Dans les gravas encore fumant d’une série de 3 immeubles adjacents, les habitants hurlent, crient « Dieu est grand ! » à chaque fois que les sauveteurs retirent un corps des décombres. Comme souvent, c’est le système D qui prime dans les premiers instants. Le camion d’un déménageur équipé d’une échelle télescopique arrive, pour accéder aux balcons ; le bulldozer d’un chantier voisin fait de même, pour écarter les carcasses calcinées et tordues des voitures. Des effluves de gaz et d’essence se mêlent à la poussière en suspension dans l’air, donnant des allures de fin du monde à la scène. « Eteignez vos cigarettes ! », exhorte un sapeur pompier. Peu à peu, les sauveteurs improvisés grimpent dans les immeubles transformés en mille-feuilles. Les plaques de béton menacent de s’écrouler, des incendies se déclarent… Les riverains s’en prennent aux photographes et cameramen qui gênent les secours. C’est le chaos. Un homme en retrait s’assoit sur un parpaing, en pleurs et prostré : Ali a perdu toute sa famille. Selon un témoin, une vieille femme rescapée aurait vu arriver, 2 secondes avant le bombardement, une voiture avec 5 hommes à son bord, peut-être suspectés d’appartenir au Hezbollah.
Mardi midi, Georges Abou Moussa, responsable de la Défense civile libanaise, avançait un bilan provisoire : environ 45 cadavres ont déjà été retirés des décombres, une centaine de blessés ayant été envoyés dans les hôpitaux de la région. « Le bilan risque de s’alourdir, car les recherches se poursuivent. »

David Hury