Kadhafi: Trahi par al-Assad, exécuté à la demande de l'Elysée?

LIBYE C'est la théorie échafaudée par la presse internationale à partir de déclaration de sources libyennes...

Julien Ménielle

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Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi, le 10 décembre 2007 au palais de l'Elysée, à Paris.
Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi, le 10 décembre 2007 au palais de l'Elysée, à Paris. — JOBARD/SIPA

Un piège ourdi par les services secrets français grâce à la complicité de Bachar al-Assad. C’est ce qui aurait coûté la vie à Mouammar Kadhafi, tué en octobre 2011 à Syrte, à en croire une théorie échaffaudée par selon la presse internationale, qui cite diverses sources, issues de la rébellion libyenne ou anonymes. C’est même de l’Elysée et de son hôte d’alors, Nicolas Sarkozy, que serait venu l’ordre d’exécuter le Guide libyen. Le tout avec la complicité d’un président syrien aux prises avec le soulèvement de son peuple.

«Sarkozy avait toutes les raisons d'essayer de faire taire le colonel»

Bachar al-Assad aurait fourni à la France un numéro de téléphone qui aurait permis de localiser Kadhafi, a indiqué au Telegraph Rami El Obeidi, ancien membre de la rébellion libyenne. «En échange de ces informations, le président al-Assad a obtenu la promesse d'un délai de grâce de la part de la France et d’une baisse de la pression exercée sur son régime.» Régime qui réprime dans le sang le soulèvement de son peuple depuis le 15 mars.

«Sarkozy avait toutes les raisons d'essayer de faire taire le colonel et le plus rapidement possible», ajoute une source diplomatique anonyme dans le Corriere della sera. La trahison de Bachar al-Assad ayant permis de localiser le dictateur en fuite, un agent des services français aurait éliminé ce dernier, dont on pensait qu’il avait été supprimé par un rebelle.

Des liens «hautement suspects»

Le Daily Mail va plus loin en citant une «source nord-africaine bien placée» qui affirme que Kadhafi a été éliminé en raison de «ses liens hautement suspects avec Nicolas Sarkozy». Le journal britannique rappelle le chef d’Etat avait accueilli en ami le dictateur libyen, suspecté d’avoir financé sa campagne pour la présidentielle 2007. Ce que l’ancien chef de l’Etat a toujours nié.

En mars 2011, le fils de Mouammar Kadhafi, Saïf al Islam, avait demandé à Nicolas Sarkozy de «rendre l’argent qu'il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale» de 2007, menaçant de «tout révéler» de ces financements et de «dévoiler un grave secret qui va entraîner la chute de Sarkozy». «Grotesque», avait répondu le chef de l'Etat, en pleine campagne présidentielle.