Bahreïn: Neuf médecins condamnés pour leur rôle dans la révolte de l'an dernier

Avec Reuters

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La justice bahreïnie a confirmé ce lundi la condamnation de neuf médecins en raison de leur rôle dans la révolte qui a agité le pays l'an dernier, rapporte l'agence de presse BNA.

La cour de cassation a rejeté tous les pourvois de la défense et confirmé les condamnations allant de un à cinq ans d'emprisonnement, a déclaré l'avocat général Abdoul-Rahman al Sayed cité par BNA. En juin, la cour d'appel avait condamné Ali al Ekri, ancien chirurgien à l'hôpital Salmania à Manama, à cinq ans de prison. Huit autres peines de prison comprises entre un mois et trois ans avaient été prononcées. Neuf personnes avaient été acquittées.

«Nous n'avons pas bénéficié d'un procès équitable»

Le chirurgien orthopédique, qui avait été reconnu coupable, parmi d'autres charges, d'incitation à la haine et d'avoir appelé au renversement du pouvoir bahreïni, a déclaré ce lundi que cette décision de justice était politique. «Nous n'avons pas bénéficié d'un procès équitable (...) Nous pensons que nous sommes une carte que le gouvernement abat pour négocier avec l'opposition», a-t-il déclaré alors qu'il se trouvait dans la capitale.

Deux médecins condamnés à quinze ans de réclusion n'avaient pas contesté la décision. Ils semblent se cacher ou avoir quitté le pays. La dynastie sunnite des Khalifa au pouvoir à Bahreïn, a réprimé violemment au printemps 2011 un mouvement de contestation lancé par la majorité chiite qui demande des réformes démocratiques.

L'allié de Washington - la Ve flotte des Etats-Unis y est stationnée - avait instauré la loi martiale et reçu l'aide de troupes envoyées par son voisin saoudien. Des milliers de personnes avaient été arrêtées et des procès militaires institués. Mohamed al Maskati, président de l'Association des jeunes de Bahreïn pour les droits de l'homme, a souligné lundi que le verdict était définitif, mais que le roi pouvait toutefois accorder sa grâce. Washington et des associations de défense des droits de l'homme avaient critiqué la décision de justice rendue en juin, Amnesty International la qualifiant de «journée noire pour la justice».