Aide européenne au Liban: l’humanitaire avant tout

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L’Union européenne a mis la main au portefeuille : 50 millions d’euros prévus, dont 10 déjà utilisés. L’Agence humanitaire de la commission européenne (ECHO) se veut à la hauteur de la catastrophe humanitaire en cours au Liban. Dans ce domaine, l’Europe n’entend pas se substituer aux organismes comme la Croix-Rouge internationale ou l’Onu. Le programme ECHO a été mis en place dès le 12 juillet, et un bureau spécial a été ouvert le 17. « ECHO a signé des contrats avec 6 ONG, explique Patrick Renauld, chef de la délégation de la commission européenne au Liban. Nous les finançons, nous les aidons à coordonner leurs actions sur le terrain afin qu’elles n’empiètent pas les unes sur les autres. » Aujourd’hui, le programme ECHO vient en aide, via les ONG présentes au Liban dès le début du conflit, à 130000 réfugiés, et ce dans 16 centres répartis dans toutes les régions libanaises. « Tout le monde se focalise sur le Sud-Liban, mais c’est tout le pays qui souffre », poursuit M. Renauld.
Dans la pratique, les millions d’euros alloués par l’Europe sont répartis, tranche par tranche, aux différentes ONG et selon leurs besoins. « Il faut coller aux besoins spécifiques et aux priorités de chacune », explique Yassine Gaba, le coordinateur d’ECHO au Liban fraîchement débarqué du Pakistan. Ainsi, différents types de kits (nourriture, produits sanitaires…) sont préparés par les ONG dans un dépôt avant d’être acheminés vers les réfugiés. Dans la banlieue sud de Beyrouth, une ONG danoise gère ainsi 400 familles, réparties sur 2 immeubles à l’abandon. « Dans des conditions aussi difficiles, nous sommes satisfaits du mode de financement de l’aide, puis de son acheminement, remarque Johanne Djurhuus, responsable du Conseil danois pour les réfugiés. Mais il ne faut pas relâcher nos efforts. »

Texte et photos : David Hury

Légende
1 : Au siège de la délégation européenne au Liban, les coordinateurs d’ECHO tiennent à jour les besoins des 16 centres de réfugiés répartis sur tout le territoire.
2 : Patrick Renauld (à droite) visite un immeuble de la banlieue sud de Beyrouth.
3 : Le gardien de l’immeuble accueillant des réfugiés du Sud-Liban, se plaint auprès de Johanne Djurhuss de l’approvisionnement en eau et en électricité.
4 : Dans un dépôt souterrain, Louay Charara, le coordinateur d’une ONG danoise, supervise le contenu des kits de première urgence.