Egypte: A l'ombre des pyramides, les dettes de Salma

INTERNATIONAL La plongée du secteur touristique met des familles égyptiennes dans la difficulté...

Matthieu Goar

— 

Une famille endettée aperçoit à peine la pyamide de Kheops de sa maison, cachée maintenant par un mur érigé en 2006, Égypte.
Une famille endettée aperçoit à peine la pyamide de Kheops de sa maison, cachée maintenant par un mur érigé en 2006, Égypte. — A. GELEBART / 20 MINUTES

De nos envoyés spéciaux au Caire, Alexandre Gélébart et Matthieu Goar

De son pas de porte, Salma aperçoit à peine la pointe de la majestueuse pyramide de Kheops. La faute à un mur de béton construit en 2006. La barrière sépare deux mondes différents mais inséparables. D’un côté le plateau de Gizeh où les touristes viennent admirer la dernière des sept merveilles du monde. De l’autre un quartier en terre battue, mélange d’écuries et de maisons, où vivent les guides touristiques et leurs chevaux. «Avant les touristes venaient jusqu’ici. Au lieu de dépenser de l’argent à construire ce mur, ils auraient mieux fait de nous aider financièrement», peste Salma, assise en tailleur dans son deux pièces où elle a élevé quatre enfants dont Wallid qui a participé à la bataille des chameliers pour défendre le régime. Bilan: 40 points de suture, 400 livre égyptienne à dépenser pour corrompre un fonctionnaire et obtenir une compensation financière et trois têtes de bétail vendus pour les soins. «Il a seulement cru une rumeur qui disait que la révolution menaçait son métier», raconte-t-elle.

>> Retrouvez notre dossier sur les suites du Printemps arabe

Revenir à la normale en 2013

Depuis , la plongée du secteur touristique, qui employaient 10% de la population égyptienne en 2010, a obligé la famille à  vendre deux têtes de bétail puis à racheter une jument en empruntant 3000 Livres égyptiennes. Les dettes l’étranglent. Les Frères musulmans, si prodigues en aides caritatives, semblent avoir oublié ce quartier. «Ils pensent que l’on cache des trésors», souffle la mère alors que deux ses fils tentent de vendre des babioles fabriquées en Chine dans le bazar au pied des pyramides, près du parking où seulement 4 cars stationnent ce matin. Comme toujours, les guides se battent. «2011 a été la pire année depuis 15 ans », rapporte Ibrahim. Petit à petit, le tourisme reprend pourtant. 12 millions de touristes se seront rendus en Egypte cette année. Le président Morsi a promis d’atteindre le nombre de 15 millions en 2013  - comme en 2010, avant la «révolution du Nil» - et 30 millions en 2020.  «Inc’h Allah», souffle Salma.