« C'est justement parce qu'il y a la guerre qu'on vient en Israël »

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A Tel Aviv, tout le monde surnomme la plage Frishman « la plage des Français », et comme pour attester de cette présence francophone, le drapeau tricolore flotte, - à côté du drapeau israélien - sur le toit du bar «La Mer». En ce début de mois d’août, le restaurant du bar est quasiment vide. Et sur la plage, les trois-quarts des chaises longues n’ont pas trouvé preneur.

On estime que 20 à 30% des touristes ont annulé leur voyage pour cause de guerre avec le Liban. Pourtant, même si les déclarations du chef du Hezbollah de frapper Tel Aviv ont rajouté une angoisse supplémentaire aux juifs de la diaspora, les Français, ont une réputation de « résistants » : «Evidemment il n’y a pas beaucoup de touristes. C’est dur, mais il faut quand même reconnaître que les Français sont les plus patriotes, confie Dina, la propriétaire du restaurant. Même pendant les jours les plus sombres de la deuxième Intifada, ils continuaient à se rendre en Israël pour leurs vacances. »

Sophie est une de ces touristes venue passer l’été à Tel Aviv. Elle a réservé ses billets longtemps à l'avance et il était « évidemment hors de question d’annuler son voyage quand la guerre a éclaté. Des amis, par contre, ont pris peur et ont filé passer leurs vacances dans un club de vacances en Grèce.»
Marcel, le père de Sophie voit la situation d’un autre angle : « C’est justement parce qu’il y a la guerre que l’on vient. On est là exprès, on est solidaire d’Israël ! »
Sophie enfonce le clou : « On doit vivre comme les Israéliens, s’il y a les sirènes, on descendra dans les abris, on fera comme eux ! Après tout, nous sommes juifs, non ? »

Dans un pays où la guerre n’est qu’à deux heures de voiture de Tel Aviv, certains Français n’ont pourtant pas hésité à venir s’installer en Israël. Tout comme 650 nouveaux immigrants de France, Patricia Cohen est arrivée avec son mari et ses deux filles la semaine dernière. La famille a fait son alya, sa « montée vers Israël», et est aujourd’hui en pleine démarche pour obtenir sa nationalité israélienne. Pour Patricia, c’est sûr : « J’ai préparé mon alya depuis plus d’un an, je ne reculerai pas ! Ils - les combattants du Hezbollah - veulent nous intimider et nous dire de rentrer chez nous ! Mais je suis chez moi, ici  !»
Touristes et nouveaux immigrants sont sans cesse remerciés par le gouvernement et les médias israéliens : à l'aéroport Ben-Gourion, quelques minutes avant l'arrivée des nouveaux immigrants de France, le président de l'Agence juive déclarait : « C'est la réponse des Juifs au Hezbollah et au Hamas. »

Texte et photos : de notre correspondant en Israël, Benoit Faiveley 

Photo 1 : Marcel, le père de Sophie, et sa femme Claudine
Photo 2 : Patricia Cohen et une de ses filles, Lyvna