Ehoud Barak propose un retrait d'une partie de la Cisjordanie

Reuters

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Israël pourrait se retirer unilatéralement de la plus grande partie de la Cisjordanie si les obstacles qui pèsent sur la conclusion d'un accord de paix avec les Palestiniens persistent, a annoncé le ministre israélien de la Défense, Ehoud Barak, dans une interview publiée ce lundi. «Il serait préférable de conclure un accord avec les Palestiniens, mais si cela ne marche pas, des actions concrètes devront être prises en vue d'un début de désengagement», a-t-il déclaré dans les colonnes du quotidien pro-gouvernemental Israël Hayom.

Les accords de paix israélo-palestiniens ont été interrompus en 2010 après l'expiration d'un moratoire sur la construction de nouvelles colonies juives en Cisjordanie, capturée par Israël lors de la guerre des six-jours de 1967. La proposition d'Ehud Barak prévoit le démantèlement de plusieurs dizaines de petites colonies implantées en Cisjordanie, l'indemnisation financière des habitants concernés et l'attribution de nouvelles maisons dans d'autres colonies de Cisjordanie ou en Israël.

Le vice-Premier ministre rejette tout retrait de Cisjordanie

Les colonies les plus importantes, qui accueillent la plupart des 350.000 colons présents en Cisjordanie, resteraient quant à elles sous le contrôle d'Israël, une idée émise par les précédents gouvernements israéliens et jusqu'à présent rejetée par l'Autorité palestinienne. Commentant la proposition d'Ehoud Barak, le vice-Premier ministre israélien Dan Meridor, a rejeté tout retrait de Cisjordanie, où 120 colonies ont été construites, en l'absence d'un accord de paix avec les Palestiniens.

«Nous ne pouvons pas transformer (la ville cisjordanienne de) Ramallah en Gaza (...) Cela se traduirait par une guerre immédiate et un bain de sang. L'armée doit rester là-bas jusqu'à ce qu'il y ait un accord», a-t-il dit. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu affirme qu'Israël est prêt à faire des «compromis douloureux», comme l'abandon de terres bibliques aux yeux des juifs, pour obtenir la paix avec les Palestiniens.

Le chef du gouvernement israélien exclut toutefois tout retour aux frontières de 1967, qui signifierait un retrait israélien de l'ensemble de la Cisjordanie où vivent 2,5 millions de Palestiniens.