Tunisie: Les activités touristiques pâtissent de la révolution

REPORTAGE La Tunisie souffre d'une image d'insécurité depuis les révolutions arabes...

William Molinié

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Le 20 septembre 2012. Un an et demi apres la révolution du printemps arabe en Tunisie, la fréquentation touristique est en chute libre. Ici, au port de la Goulette, les bateaux de croisière se font rares.
Le 20 septembre 2012. Un an et demi apres la révolution du printemps arabe en Tunisie, la fréquentation touristique est en chute libre. Ici, au port de la Goulette, les bateaux de croisière se font rares. — V.WARTNER / 20 MINUTES

De notre envoyé spécial à Tunis

Sur l’esplanade face à la gare maritime de La Goulette, à Tunis, Faouzi, 46 ans, attend à longueur de journée, assis dans sa cabane, les touristes pour leur vendre des assiettes de faïence et quelques bouts de tissus. «Depuis la révolution, mon chiffre d’affaires a baissé considérablement, grimace-t-il. De plus de 50%!» Parmi les neuf boutiques de souvenirs de la place, quatre d’entre elles ont fermé. Une autre a changé de propriétaire.

En cause? L’image d’insécurité dont souffre le pays à l’étranger depuis le printemps arabe. «A la limite, cet été, on a cru que ça repartait. Mais avec l’attaque de l’ambassade américaine, c’est fichu», se désole Ayari, un commerçant du port. Selon le chef de la gare maritime, trois bateaux de croisières s’arrêtent chaque jour à La Goulette. «En ce moment, sur les 4.400 touristes qui sont sur ces cargos, seuls 400 décident de descendre et faire un tour dans la ville pour visiter la ville. Avant la révolution, on tournait à environ 3.800 touristes par bateau», précise-t-il.

Plusieurs compagnies de croisières ont d’ailleurs supprimé leur escale à La Goulette. «Tous les projets de développement sont suspendus. On déborde de promesses mais il nous manque de concret. C’est le brouillard pour tous les acteurs économiques du port», s’inquiète-t-il. Sur les six premiers mois de 2012, la fréquentation touristique a baissé de 18% par rapport à 2010.