La police s'installe dans la Rocinha de Rio, la plus grande favela du Brésil

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Un an après la reconquête par l'armée et la police de la Rocinha, la plus grande favela de Rio, une Unité de police pacificatrice (UPP) permanente y a été inaugurée jeudi, avec 700 policiers communautaires spécialement formés.
Un an après la reconquête par l'armée et la police de la Rocinha, la plus grande favela de Rio, une Unité de police pacificatrice (UPP) permanente y a été inaugurée jeudi, avec 700 policiers communautaires spécialement formés. — Antonio Scorza afp.com

Un an après la reconquête par l'armée et la police de la Rocinha, la plus grande favela de Rio, une Unité de police pacificatrice (UPP) permanente y a été inaugurée ce jeudi, avec 700 policiers communautaires spécialement formés.

Cette communauté pauvre de plus de 70.000 habitants située au coeur des quartiers aisés avait été occupée en novembre dernier par l'armée et la police. Avec l'appui de blindés et d'hélicoptères, elles en avaient expulsé les trafiquants de drogue qui y faisaient la loi depuis trente ans.

Depuis, 400 policiers contrôlent la Rocinha, mais à partir de jeudi, 700 hommes spécialement entraînés et équipés pour faire face aux problèmes de la communauté les remplaceront.

«La police est ici et va y rester pour toujours», a promis le gouverneur de Rio, Sergio Cabral, lors d'une cérémonie tenue au pied de la favela sous une passerelle blanche conçue par l'architecte centenaire Oscar Niemeyer.

Mais reconquérir ce bastion du trafic de drogue, un territoire escarpé avec son labyrinthe de ruelles, est un énorme défi et les résultats ne se feront sentir pleinement qu'au cours des prochaines années, ont prévenu les autorités.

«La situation s'est beaucoup améliorée»

Cette année, 12 homicides --dont le dernier en date est celui d'un policier de 25 ans-- ont encore été enregistrés dans cette communauté de 840.000 m2, accrochée aux collines qui surplombent la mer.

Comme on ne peut circuler en voiture que dans 20% de la favela, les policiers patrouilleront en moto et à pied dans les quartiers, aidés de radios et de cent caméras de surveillance, a déclaré à la presse le major Edson Santos, commandant de l'UPP.

Depuis novembre dernier, quand l'armée et la police ont investi la favela pour préparer l'arrivée de l'UPP, «la situation s'est beaucoup améliorée mais il y a encore beaucoup à faire», témoigne à l'AFP Edwirges Mattoso Kneip, une retraitée de 63 ans.