Afrique du sud: Les employés de la mine de Marikana retournent au travail

Reuters

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Des milliers d'employés de la mine de platine de Marikana en Afrique du Sud ont repris le travail ce jeudi, mettant fin à six semaines de conflit social marqué par la mort de 46 ouvriers dans la pire répression policière depuis l'apartheid. Le mouvement de grève s'est toutefois étendu dans des mines voisines, notamment à celle de Rustenburg, d'Anglo American Platinum (Amplats), dont les employés réclament des hausses de salaires similaires.

Les mineurs de Marikana, mine exploitée par le groupe Lonmin et située à 100 km au nord-ouest de Johannesburg, ont obtenu mardi une hausse de 22% des salaires au terme d'un mouvement très dur. Le 16 août, 34 des 3.000 ouvriers grévistes de la mine ont été tués par la police. Les forces de l'ordre avaient fait usage d'armes automatiques contre des mineurs armés de machettes, de lances et de pistolets. Dix autres personnes avaient péri dans les jours ayant précédé la fusillade.

«On n'ira pas travailler tant qu'on n'aura pas obtenu ce qu'on demande»

A Rustenburg, des ouvriers grévistes d'Amplats ont bloqué une rue avec une barricade de pneus en feu dans un face-à-face tendu avec des policiers, épaulés par des véhicules blindés. Amplats, premier producteur mondial de platine, a menacé de poursuivre en justice les grévistes s'ils ne revenaient pas travailler jeudi. «On va acheter 20 litres d'essence, et si la police devient agressive, on fera des cocktails molotov et on les lancera sur eux», a prévenu Lawrence Mudise, un mineur perforateur, portant une pancarte réclamant un salaire de 2.000 dollars par mois.

La police a fait usage mercredi de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes pour tenter de disperser une foule d'hommes transportant des machettes dans un camp près du site. «On n'ira pas travailler tant qu'on n'aura pas obtenu ce qu'on demande. On tire sur nos enfants, nos familles sont terrorisées et brutalisées mais on ne retournera pas au travail», a dit un mineur qui a souhaité conserver l'anonymat.

Par ailleurs, environ 15.000 mineurs de Gold Fields, quatrième producteur mondial d'or, ont observé une grève sauvage. La compagnie a prévenu qu'elle ne répondrait pas aux revendications des grévistes qui réclament un salaire minimum de 12.500 rands (1.155 euros).