Le neveu d'Arafat s'oppose à des prélèvements par l'enquête française

© 2012 AFP

— 

Une équipe du laboratoire suisse qui doit effectuer des prélèvements sur la dépouille de Yasser Arafat s'est rendue lundi à Ramallah pour examiner sa tombe et rencontrer des responsables palestiniens, selon des sources concordantes.
Une équipe du laboratoire suisse qui doit effectuer des prélèvements sur la dépouille de Yasser Arafat s'est rendue lundi à Ramallah pour examiner sa tombe et rencontrer des responsables palestiniens, selon des sources concordantes. — Abbas Momani afp.com

Le neveu du défunt dirigeant palestinien Yasser Arafat, Nasser al-Qidwa, président de la Fondation Yasser Arafat, s'est opposé ce jeudi à des prélèvements sur la dépouille dans le cadre d'une enquête ouverte en France pour assassinat. «Le peuple palestinien est convaincu qu'Israël a assassiné Arafat et qu'Al-Jazeera a révélé l'objet du crime. Il n'est pas logique que chaque fois que quelqu'un veut une commission d'enquête, on sorte la dépouille d'Arafat pour l'analyser», a souligné Nasser al-Qidwa, qui occupe des fonctions importantes au sein de la direction palestinienne.

«Mieux vaut qu'une analyse du corps ait lieu dans le cadre d'une commission d'enquête internationale qui doit être mise en place sans délai», a ajouté le neveu d'Arafat, joint par téléphone en Suisse. La thèse d'un empoisonnement de Yasser Arafat, dont la mort le 11 novembre 2004 à l'hôpital militaire français de Percy n'a jamais été élucidée, a retrouvé du crédit après la diffusion en juillet d'un documentaire d'Al-Jazeera.

«Ce qui est nécessaire, c'est une position politique qui fasse porter à Israël sa responsabilité pour l'assassinat d'Arafat»

La chaîne qatarie a fait analyser des échantillons biologiques prélevés sur les effets personnels d'Arafat par un laboratoire spécialisé de Lausanne (Suisse), qui y a découvert «une quantité anormale de polonium». «Al-Jazeera a apporté la preuve matérielle que tout le monde attendait. Il n'était pas surprenant qu'il soit mort empoisonné, mais le documentaire révèle la substance toxique qui a tué Arafat», a indiqué Nasser al-Qidwa.

«C'est pourquoi, après toutes ces preuves, ce qui est nécessaire à présent, c'est une position politique qui fasse porter à Israël sa responsabilité pour l'assassinat d'Arafat, ainsi qu'aux auteurs de ce crime», a-t-il estimé. La Fondation Yasser Arafat a mis en ligne le 12 juillet sur son site le dossier médical, qui n'élucide pas les causes de la mort.

Trois juges français chargés d'une enquête contre X pour assassinat ont entrepris «les démarches nécessaires» pour que «des experts de la police scientifique française» puissent «très prochainement» réaliser des prélèvements sur la dépouille à Ramallah, avait annoncé le 5 septembre dans un communiqué Souha Arafat, dont la plainte a déclenché la procédure.