Syrie: Le quartier de Yarmouk à Damas encerclé, 100 arrestations

Reuters

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Les forces syriennes encerclent ce jeudi le quartier de Yarmouk à Damas, tenu par les réfugiés, et ont arrêté plus de 100 personnes, a annoncé la télévision publique syrienne, tandis que l'opposition faisait état de plusieurs morts. Les chars de l'armée syrienne bloquent toutes les issues du quartier, raconte par téléphone un activiste bloqué à l'intérieur de la zone. Les opposants au président Bachar al-Assad ont décidé ces derniers jours de se cacher dans ce quartier pauvre et densément peuplé qui sert traditionnellement de camp aux réfugiés palestiniens.

Plusieurs centaines de militaires passent les lieux au peigne fin, à pied, et à bord de camions équipés de mitrailleuses lourdes, raconte Abou Salam, un activiste. «Nous sommes pris au piège ici. Seuls les enfants et les hommes et femmes âgés peuvent partir. Les hommes jeunes, qui pourraient être des rebelles ou des activistes, et même les jeunes femmes, qui pourraient aussi être des activistes, sont confinés à l'intérieur», explique-t-il.

Au moins trois personnes abbattues ce jeudi

Selon Abou Salam, au moins trois personnes, deux hommes et une jeune femme, ont été abattus ce jeudi matin par des militaires au moment où ils sortaient d'un parc en courant. Cinq autres rebelles qui se cachaient dans le secteur ont été exécutés, ajoute-t-il. La télévision syrienne a fait également mention d'une incursion de l'armée dans un quartier voisin contre des «repaires de terroristes». Plusieurs personnes ont été abattues, précise la télévision.

Un habitant de Yarmouk qui se trouvait dans le quartier mercredi raconte que des rebelles, qui ont été contraints de fuir plusieurs quartiers adjacents, se sont rassemblés dans la partie sur du quartier et ont été lourdement bombardés dans la nuit. Selon diverses personnes qui ont parlé à Reuters, de nombreuses zones dans les quartiers sud de Damas, où les insurgés tentent de se maintenir, ne sont plus que ruines. Ces personnes décrivent l'effondrement d'immeubles entiers et la puanteur des cadavres qui parsèment les rues.

«Nous avons trop peur d'aller les chercher parce que les forces de sécurité y sont et qu'elles vont nous demander pourquoi nous venons pour ces gens», commente Abou Salam. Par ailleurs, un hélicoptère s'est écrasé jeudi à Douma, à l'est de la capitale, a annoncé la télévision d'Etat, sans donner plus de détails. Les insurgés contre le président Bachar al-Assad visent de plus en plus les hélicoptères et les avions de l'armée, utilisés par les troupes loyalistes pour mener des assauts contre les bastions rebelles.