Monde

1953, 1956, 1959, la révolution cubaine en trois dates

De l'assaut de la caserne Moncada en 1953 au renversement du régime 1959, retour sur la révolution de Castro

De l'assaut de la caserne Moncada en 1953 au renversement du régime 1959, retour sur la révolution de Castro

Fils d'un riche planteur de Cuba, Fidel Castro suit des études de droit à La Havane et fait ses premières armes à l'université pour le compte du parti Orthodoxe. Titulaire d'un doctorat en droit, il se lance dans une carrière d'avocat. Dès cette époque, il se fait remarquer par une opposition au régime dictatorial du président Fulgencio Batista, qu'il juge inféodé aux États-Unis.

« L’assaut Moncada en juillet 1953 »

Avec ses camarades, Fidel projette de prendre d'assaut la caserne « Moncada » de Santiago de Cuba. Le choix de cette garnison repose sur le la réputation de celle-ci d'être mal organisée et facile à attaquer.
Le jour choisi est le 26 juillet 1953, jour d'une fête de carnaval à Cuba où les soldats sont sensés être ivres et qui constitue un prétexte pour concentrer les forces révolutionnaires de tout Cuba vers Santiago de Cuba... Ils se déguisent en soldats et montent dans des voitures automobiles rassemblées en caravane pour faire croire à la garnison que le général en personne va effectuer une tournée d'inspection. Arrivés au poste 3, Renato Guitart, un des conspirateurs, crie: « Ouvrez! Le général arrive » ; le garde laisse tomber la chaîne. Mais un imprévu survient : une auto-mitrailleuse arrive et les occupants chargent les armes pour s'apprêter à tirer. A ce moment, Fidel Castro, au volant de la voiture de tête, charge pour percuter le véhicule ennemi, mais le rebord du trottoir est trop élevé et l'effet de surprise est anéanti. Un soldat de la garnison sonne l'alerte et une avalanche de feu s'abat sur les assaillants, à qui Fidel ordonne la retraite. Des 111 participants à l'assaut, 69 trouvent la mort, dont plusieurs sont exécutés sur place. Fidel Castro est capturé à la ferme Siboney avec ses partisans où il s'est barricadé.

Le Granma en décembre 1956

Fidel Castro est condamné à quinze ans de prison sur l'île des pins (renommée île de la jeunesse aujourd'hui). Mais Cuba est en proie à de violentes agitations populaires, au point que Batista décide en 1955 d'ouvrir un espace parlementaire à l'opposition et de libérer les prisonniers politiques. Fidel Castro décide alors de s'exiler au Mexique et de préparer un retour en force... C'est dans ce pays qu'il rencontre Ernesto Guevara, dit le « che ». Ce dernier veut lui aussi soustraire le monde au leadership des USA et des autres puissances impérialistes. Ensemble, ils décident d’organiser une insurrection avec Raul Castro, le frère cadet de Fidel, et Camilo Cienfuegos.
L'attaque doit se faire à Santiago de Cuba sur deux fronts : le communiste Frank Païs, à Cuba, doit organiser un soulèvement dans la ville tandis que la troupe des révolutionnaires en provenance du Mexique doit débarquer à Las Coloradas pour y attirer les soldats de Batista et leur confisquer leurs armes.
Le Granma, un bateau acheté au Mexique, accoste ainsi à l'Est de la province d'Oriente, le 2 décembre 1956. Mais à cause de conditions climatiques défavorables, le débarquement a lieu deux jours trop tard, car le soulèvement organisé par Frank Païs a déjà été réprimé dans le sang. Les 81 guérilleros sont pris en embuscade à Allegria de Pio et les survivants se réfugient dans la Sierra Maestra. Là, les rebelles s'organisent et font de nouvelles recrues dans la province d'Oriente. Ils font de la propagande sur tous les médias, notamment sur les ondes, où il diffusent des programmes radio pour accuser le régime et appeler à la révolte.

L’entrée victorieuse à la Havane en janvier 1959

Début 1957, les insurgés attaquent et occupent la garnison « La Plata », ce qui dément les affirmations du gouvernement au sujet de l'anéantissement des rebelles. Mais le 13 mars, l'attaque du palais présidentiel par les étudiants de la Havane est un échec et le soulèvement est réprimé dans le sang. Frank Païs est arrêté et exécuté à Santiago de Cuba le 30 juillet. Cet évènement provoque la grève générale dans tout le pays. Devant la barbarie de la dictature et devant la contestation, l'armée connaît des troubles, la base navale de Cienfuegos se mutine.
Batista veut alors en finir avec la révolution : il envoie un contingent début 1958 dans les montagnes de la Sierra Maestra. Le bataillon se fait écraser par deux colonnes de guérilleros. La révolte s'amplifie et deux nouvelles colonnes sont créées pour créer un autre front dans d'autres régions montagneuses de la province.
Les USA appuient la junte militaire, en leur procurant des conseillers techniques et des armes sophistiquées. Ayant connu un revers militaire en Corée, les Américains ne veulent pas d'un nouveau foyer communiste à 120 km de leur frontière.
Le 9 avril 1958, une grève générale est à nouveau déclenchée dans tout le pays. Elle doit sonner l'insurrection dans les villes, mais à cause du manque d'organisation et des divergences des meneurs, elle se solde par un échec. Pour Batista, c'est le moment d'envoyer 10.000 soldats dans les montagnes de la Sierra Maestra pour écraser les rebelles.
Mais les guérilleros voient leur nombre grandir de jour en jour. En face, les militaires de Batista sont démoralisés. Castro les appelle à déserter et à déposer les armes sans combattre. Mais sous la menace de Batista de s'en prendre à leur famille, les militaires persistent à combattre, se faisant écraser sous le nombre des rebelles.
Malgré toutes leurs manoeuvres de diversion ou de récupération, les membres de l'opposition à la dictature de Batista se pressent de reconnaître le leadership de Fidel Castro. Le 20 juillet 1958, à Caracas, ce dernier est proclamé « commandant en chef du Front révolutionnaire démocratique ». A la fin de l'année 1985, la grève générale est décrétée à Cuba pour obliger l'armée à se rendre et à livrer Batista aux rebelles. Un gouvernement provisoire est créé par les USA, tandis que Batista s'enfuit à Miami. Le 1er janvier 1959, les « barbus » font leur entrée victorieuse à la Havane. Le gouvernement est dissous et les généraux obligés de se rendre.