Eric Holder disculpé dans l'affaire «Fast and Furious»

Avec Reuters

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Un rapport interne au département de la Justice américain a mis en cause mercredi 14 procureurs et agents fédéraux pour la conduite de l'opération «Fast and Furious», qui a abouti en 2009 à la perte de 2.000 armes au Mexique, tout en exonérant le ministre lui-même, l'Attorney General Eric Holder. Le rédacteur du rapport, l'inspecteur général Michael Horowitz, relève des défaillances d'une ampleur «systémique» de nature à mettre en danger la sécurité publique, mais pas de volonté des autorités de couvrir l'affaire, ce que les républicains accusaient Eric Holder d'avoir cherché à faire.

La publication du rapport a conduit Kenneth Melson, directeur de l'agence fédérale sur l'alcool, le tabac et les armes (ATF), à prendre sa retraite. Le plus haut responsable critiqué par le rapport, Lanny Breuer, l'attorney general adjoint en charge des poursuites pénales, a été «réprimandé» selon un responsable du département de la Justice. Deux des armes perdues par les agents fédéraux ont servi dans le meurtre d'un garde-frontière américain, Brian Terry, dans l'Arizona en décembre 2010, ce qui a conduit l'ATF à mettre un terme à l'opération.

Les armes à feu devaient servir au départ à freiner la contrebande d'armes entre l'Arizona et les cartels de la drogue mexicains. Les agents américains comptaient ainsi piéger les narcotrafiquants en suivant les armes à la trace mais ils ont négligé les «petits» acheteurs qui ont acquis quelque 2.000 armes et les ont revendues aux Etats-Unis. Jusqu'à la mort de Brian Terry, aucun acheteur de ces armes n'avait été inculpé. L'opération a déclenché la colère des armuriers américains, soutien électoral important des républicains, ce qui a contribué à porter l'affaire devant le Congrès et dans les médias.