Jean-Yves Le Drian: «En Syrie, il existe un embargo sur les armes que nous respectons»

INTERVIEW Au cours de son déplacement au Proche-Orient, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s'est confié à «20 Minutes» sur la situation en Syrie...

Alexandre Sulzer, à Za’atari

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Beyrouth le 13 septembre 2012.  interview de Jean Yves Le Drian ministre de la defense lors de sa visite au moyen orient, en Jordanie et au Liban.
Beyrouth le 13 septembre 2012.  interview de Jean Yves Le Drian ministre de la defense lors de sa visite au moyen orient, en Jordanie et au Liban. — A. GELEBART / 20 MINUTES

De notre envoyé spécial en Jordanie

Est-il prévu de déployer d’autres groupements médicaux-chirurgicaux (GMC) pour venir en aide aux réfugiés syriens?

Non, à Za’atari, nous avions répondu à une situation d’urgence à la demande des autorités jordaniennes. Mais à l’heure actuelle, ni le Liban ni la Turquie n’ont formulé une telle demande. Le GMC restera à Za’atari le temps qu’il faudra, le temps que sa mission sera nécessaire. Par ailleurs, l’aide humanitaire française aux réfugiés syriens s’élève déjà à 10 millions d’euros.

Vous êtes convenus avec le roi Abdallah de Jordanie de soutenir la résistance syrienne. Comment concrètement?

Politiquement, la France est à la manœuvre en faisant pression auprès des acteurs syriens intérieurs et extérieurs pour la constitution d’un gouvernement provisoire. Militairement, nous l’aidons en apportant des équipements non-létaux comme des équipements de communication ou des jumelles de vision nocturne.

Est-ce vraiment suffisant?

Il existe un embargo sur les armes que nous respectons. Ce n’est pas en le violant que nous apporterons une solution pérenne. Le problème de la livraison des armes, c’est aussi la question du destinataire…

La France étudie-t-elle toujours la possibilité d’instaurer une zone d’exclusion aérienne en Syrie?

L’idée d’une sécurisation des zones libérées est un concept que nous étudions. Mais les conditions de sa mise en œuvre sont complexes. Il faudrait un territoire libéré suffisamment large, une autorité politique reconnue sur ce territoire –qui peut d’ailleurs être l’embryon d’un gouvernement provisoire– et il faut que cette autorité le demande. Il faut ensuite que les pays à proximité puissent mener les actions nécessaires. C’est une démarche lente, difficile.