Le CICR tire la sonnette d'alarme au Nord-Mali

Reuters

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Plus d'un demi-million d'habitants du nord du Mali occupé par des combattants islamistes ont besoin d'être aidés pour faire face à la montée des prix des denrées alimentaires, à l'effondrement des services publics et à l'insuffisance des soins de santé, a mis en garde jeudi le CICR.

Le Comité international de la Croix-Rouge, qui compte 111 employés humanitaires dans ce pays enclavé du Sahel, est l'une des rares organisations humanitaires à avoir accès à l'ensemble de la partie septentrionale du Mali, où aucune agence d'aide des Nations unies est présente.

Cet organisme humanitaire basé à Genève dit être en contact régulier avec les activistes pour faciliter l'acheminement de son aide et évoquer avec eux la question des amputations pratiquées en vertu de la "charia" (loi coranique).
«La situation (humanitaire) est de plus en plus alarmante pour la population, réfugiés et déplacés, qui est restée sur place», a expliqué Yasmine Praz Dessimoz, directrice des opérations du CICR pour l'Afrique du Nord et de l'Ouest.

Le Mali a été plongé dans le chaos au lendemain du coup d'Etat militaire du 22 mars contre un président civil élu. Profitant du vide du pouvoir à Bamako, des rebelles touareg se sont emparés de la moitié nord, désertique, du pays. Par la suite, leurs alliés islamistes ont pris le dessus et imposé la "charia" dans les régions de Gao, Kidal et Tombouctou qu'ils contrôlent.