Quarante-quatre journalistes pro-kurdes jugés en Turquie

Reuters

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Le procès de 44 journalistes pro-kurdes accusés de rébellion s'est ouvert lundi à Istanbul. Il s'agit du plus grand procès visant des membres de la presse turque, alors que les combats font rage depuis plusieurs jours dans le sud-est du pays entre l'armée et les combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui se sont lancés dans la lutte armée il y a 28 ans.

Les journalistes, dont 36 sont depuis décembre dernier en détention préventive, sont accusés d'appartenir à l'Union des communautés du Kurdistan (KCK), qui serait selon les autorités la branche urbaine du PKK. S'ils sont reconnus coupables, ils sont passibles de peines allant de sept à vingt ans de prison. Quarante-six autres journalistes attendent leur procès dans des prisons turques pour d'autres affaires, selon le groupe «Plate-forme de solidarité avec les journalistes arrêtés».

Evacuation du public

Le tribunal a fait évacuer la galerie du public et a repoussé de plusieurs heures l'ouverture du procès en raison des cris lancés par les proches des accusés. Les juges ont ensuite refusé d'entendre les témoignages en langue kurde. Pour les adversaires du gouvernement, ce procès vise principalement à affaiblir le parti Paix et Démocratie (BDP), formation pro-kurde représentée au Parlement d'Ankara.

Le BDP affirme qu'un millier de ses membres sont actuellement sous les verrous. «C'est un procès politique, une tentative de briser les combattants politiques kurdes», a déclaré à Reuters Ertugrul Kurkcu, député du BDP. «Le système judiciaire devient une arme dans cette guerre.»