VIDEO. Crabe Royal: Le crustacé géant venu du froid a plus d'un tour dans ses pattes

A TABLE ! C’est à un voyage immobile fort en sensations gustatives que vous a convié « 20 Minutes » au restaurant parisien Crabe Royal, spécialisé dans ce crustacé géant originaire des mers glacées…

Stéphane Leblanc
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Le chef Xavier Caussade et notre lectrice Ngan T. au comptoir du restaurant Crabe Royal, à Paris
Le chef Xavier Caussade et notre lectrice Ngan T. au comptoir du restaurant Crabe Royal, à Paris — S.LEBLANC / 20MINUTES
  • En ceviche, en risotto, en soupe miso, fumé au bois de hêtre, grillé, gratiné ou caramélisé : 20 Minutes et sa lectrice ont dégusté le Crabe Royal à toutes les sauces.
  • Ce restaurant parisien propose une véritable invitation au voyage, des eaux glacées du Pacifique vers le Pérou d’un côté, le Japon de l’autre.
  • Pour plus de dépaysement encore, notre lectrice invitée, d’origine vietnamienne, nous a confié sa propre recette familiale de crabe mijoté à la tomate et à l’ail.

On l’a vu dans tous ses états, le crabe du restaurant parisien Crabe Royal : fumé devant le client, servi grillé, gratiné et caramélisé dans la même assiette, ou alors en ceviche, en soupe miso, en risotto au sésame ou en velouté de patate douce… C’est peu dire que nos papilles étaient à la fête au cours de ce repas destiné à éprouver la faculté du crustacé à se métamorphoser au gré des recettes du chef Xavier Caussade.

Avec Ngan (prononcez Nyann), lectrice invitée dans le cadre de notre opération « A Table avec 20Minutes », nous avons pu constater au passage qu’il était facile de battre en brèche quelques préjugés sur ce crustacé soi-disant impossible à manger proprement au restaurant.

Le crabe c’est bon, mais salissant…

FAUX. Pas facile de décortiquer un crabe et d’en extraire la chair de ses moindres cartilages, mais chez Crabe Royal, pas besoin d’un marteau ou d’un casse-noix pour autant… « L’avantage de ce crabe sur le tourteau, c’est que sa carapace est tendre », souligne Xavier Caussade. Le chef la découpe avec une petite scie ou des ciseaux. Et dès lors qu’il est ainsi présenté, une fourchette et un couteau suffisent le plus souvent.

« Si l’on y met les doigts, ce sera juste pour le plaisir de suçoter ce qu’il reste de carapace », rigole notre lectrice qui nous prévenait déjà dans sa candidature pour le déjeuner : « J’aime tout dans le crabe, je peux rester une heure à décortiquer chaque patte, téter, creuser la carapace jusqu’à la dernière miette de corail… »

Le crabe a toujours le même goût…

FAUX. Les crustacés ne se cuisinent pas seulement au court-bouillon. Le crabe en ceviche, par exemple, est apparu à notre lectrice « frais, vif et pétillant ». « C’est parce que les agrumes dominent largement dans ce plat d’inspiration typiquement péruvienne », précise Xavier Caussade qui s’y connaît, puisqu’il a travaillé aux côtés de Nobu, célèbre chef japonais dont la cuisine est imprégnée des saveurs du Pérou.

Crabe royal en ceviche
Crabe royal en ceviche - S.LEBLANC / 20MINUTES

Originaire du sud du Vietnam, notre invitée estime que ce plat pourrait être servi quasiment tel quel en Asie : avec du lait de coco pour adoucir l’acidité des agrumes et des cacahuètes croquantes à la place du maïs grillé. Son vrai métier, c’est créatrice de bijoux, mais Ngan a l’air d’être aussi un sacré cordon-bleu. Sa candidature comportait une recette de crabe à la « façon vietnamienne », où l’animal est découpé en deux puis mijoté une trentaine de minutes à feu doux et à couvert dans une cocotte avec une gousse d’ail, deux cuillères à soupe de concentré de tomate, un peu de sucre pour contrebalancer l’acidité de la tomate et très peu de sel, car le crabe va rendre son eau salée… « Un délice », ajoutait-elle pour mieux nous mettre l’eau à la bouche.

Le crabe a le pied marin

VRAI. Assis au comptoir du Crabe Royal, ce repas nous a fait l’effet d’un sublime voyage immobile à travers toutes les mers du globe… Rien que le voir fumer au bois de hêtre sous nos yeux nous a donné l’impression de traverser la mer Baltique. Mais il a suffi d’une assiette de trois longues pattes de crabe royal cuisinées de trois façons pour achever de nous transformer en skipper expérimenté.

Crabe royal grillé, gratiné et caramélisé
Crabe royal grillé, gratiné et caramélisé - S.LEBLANC/20MINUTES

 

A la première patte caramélisée au miso, oscillant entre salé et sucré, ça tangue un peu. A la seconde, gratinée et couverte d’un aïoli épicé, le vent se lève, c’est la tempête. A la dernière, juste grillée et assaisonnée de yuzu, la mer redevient calme, le ciel bleu azur. « C’est celle-là que je préfère », s’exclame Ngan. Le chef aussi, qui dit toujours préférer « le crabe au naturel ». Et pour apparaître ainsi, dans le plus simple appareil, il vaut mieux qu’il fasse beau.