Fashion Week Paris: Lacoste met le paquet... Vais-je sombrer dans l'alcoolisme?

CARNET DE BORD Durant une semaine, « 20 Minutes » vous propose de découvrir la fashion week parisienne et ses coulisses à travers l’œil d’une néophyte, pour le meilleur et pour le pire…

Clio Weickert
— 
Le show Lacoste au jardin des Tuileries
Le show Lacoste au jardin des Tuileries — C.WEICKERT

Deuxième jour de fashion week, jusqu’ici, tout va bien. Enfin presque. Pour rappel, depuis mardi, je couvre ma toute première « semaine de la mode » parisienne. Ma mission ? Percer le mystère de cet univers impitoyable, m’en faire accepter, et accessoirement, devenir BFF avec  Emily Ratajkowski (Afida Turner je prends aussi).

Pour être franche, ma première journée fut proche de l’enfer. Seul le fait d’avoir dansé à côté de Doria Tillier au concert de NTM au show Etam (kamoulox !), m’a fait tenir jusque-là. Mais c’est avec sérénité (et un quart de Lexomyl), que j’ai décidé d’aborder cette deuxième journée de fashion week.

>> A lire aussi: Ma première journée de l'enfer avec Etam et «Quotidien»

L’instant tuto

Première étape : le défilé Lacoste. Pour la petite info, la marque au croco fêtait ses 85 ans et cela faisait 13 ans qu’elle n’avait pas défilé à Paris. Du coup ils ont mis le paquet : soit un faux court de tennis (j’ai mis 30 minutes à m’en rendre compte, probablement à cause du Lexomyl) installé au cœur du jardin des Tuileries. Le tout avec un concert live d’un artiste que tout le monde connaissait, sauf moi (mais c’était chouette).

Trois looks issus du défilé Lacoste printemps/été 2018
Trois looks issus du défilé Lacoste printemps/été 2018 - First View/Cover Images/SIPA

Ce que je retiens du show ? Que Lacoste, c’est vraiment ma came, et que pour une fois, on peut facilement se projeter avec ces fringues. Le seul souci, ce n’est pas donné. Mais en patientant avant le défilé, j’ai eu ce qu’on appelle un éclair de génie. Les organisateurs ont eu la bonne idée de coller un croco sur le carton d’invitation.

Le petit tuto qui fait plaisir: fabriquer son propre polo Lacoste
Le petit tuto qui fait plaisir: fabriquer son propre polo Lacoste - C.WEICKERT

Alors dès que la fashion week se termine, je file chez Uniqlo m’acheter un polo (bon rapport qualité/prix), où je collerais le croco. Mine de rien j’économise 85 euros. Hyper malin, non ? J’envisage aussi de monter ma chaîne YouTube : « les tutos de Clio ».

L’instant « reste toi-même »

Ce que je ne savais pas (en même temps je ne me suis jamais vraiment posé la question), c’est qu’en parallèle des défilés, certaines marques présentent leur collection dans des showrooms ou des boutiques. Bon, c’est aussi un prétexte pour picoler car à peine arrivée chez Vanessa Bruno, on me propose une coupe de champ (j’ai dit non). Mais c’est aussi l’occasion de rencontrer les créateurs en vrai. Et oui, Vanessa et moi avons discuté le bout de gras ensemble.

La très chouette Vanessa Bruno
La très chouette Vanessa Bruno - C.WEICKERT

Elle m’a parlé de sa nouvelle collection inspiration Cyclades, mais elle m’a aussi remonté le moral. Car depuis mardi, je déprime car personne ne me parle. « Reste toi-même, me dit Vanessa. Il y aura toujours des gens qui passeront et ne te verront pas, mais focalise-toi sur ceux que tu rencontres et les échanges constructifs que tu vas avoir. Et ne jamais penser "je suis un problème" ». En d’autres termes, Vanessa Bruno m’a fait économiser 70 euros de psychanalyse.

L’instant coup de gueule

Toujours chez la très chouette Vanessa Bruno, je rencontre Jean-François, qui travaille pour elle, de près ou de loin (je n’ai pas tout compris). « Tu vas voir François bien sûr ? », me dit Jean-François (on va l’appeler JF). J’essaye de garder une certaine contenance, mais JF voit très bien qu’il me perd. « François Girbaud ! », précise-t-il. Girbaud, Marithé, les jeans… je fais le lien. Un quart d’heure plus tard, j’entre dans un appart plein à craquer, avec la même sensation qu’une personne qui débarque à un dîner sans avoir été invité. Le champagne coule à flots, encore. Je dis non, encore. On me présente à François.

François Girbaud n'aime pas trop les photos
François Girbaud n'aime pas trop les photos - C.WEICKERT

Ayant cru comprendre en chemin qu’il quittait la France pour Los Angeles, je lui pose la question. Réponse : « Oui, ça fait 5 ans ». Je décide de faire illusion et enchaîne sur un logique « pourquoi ? ». Et là François s’emballe. « J’ai fait une énorme erreur en inventant le stonewash [technique de délavage du jean], et maintenant il faut que je répare cette erreur et toute la pollution que ça a engendrée ! ». S’en suit une conversation de 5 minutes sur les rivières polluées de Los Angeles, et aussi sur le mur de Berlin. Je comprends surtout que François Girbaud est excédé, et qu’il est très marrant. Avant de partir, je prends ces jeunes gens en photo.

Des jeunes gens chez François Girbaud
Des jeunes gens chez François Girbaud - C.WEICKERT

A l’heure actuelle, je n’ai toujours pas compris s’ils portaient la collection de François, ou si j’ai dérangé une bande de potes en train de chiller.

L’instant alcoolo 

Dernière étape, le Swedish Fashion Now, à l’institut suédois (logique). Soit un espace où 4-5 marques scandinaves exposent leurs vêtements « Lagom », mais surtout un endroit où on peut encore étancher sa soif. Sur des petites boules.

Des gens affalés sur des petites boules
Des gens affalés sur des petites boules - C.WEICKERT

Et là je vais être honnête, j’ai dit oui. Parce que j’aime le champagne ? Non (enfin si). La raison tient en un mot : solitude. Ça occupe (en même temps je faisais semblant d’avoir une folle conversation au téléphone), et j’ai l’impression que les gens qui arrivent à sociabiliser depuis ce début de fashion week, boivent tous du champagne. Donc deux options : soit ma technique fonctionne et je me fais plein de nouveaux amis (il me reste 5 jours), soit je finis alcoolique.