Des chaussures à talons hauts confortables, c'est (vraiment) possible?

STYLE Adieux ampoules, frottements et allux valgus ?…

Clio Weickert

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Talons et confortables, c'est possible?
Talons et confortables, c'est possible? — THORTON-PPE/SIPA

Que celle qui n’a jamais connu cette situation nous jette la première pierre : rentrer d’un mariage, d’une soirée ou tout simplement d’une journée de travail les pieds en feu, maudissant ciel et terre, s’autoflagellant d’avoir dépensé autant d’argent dans une paire de chaussures plus proche de l’appareil de torture que de la charentaise. Avec en cadeau, une voûte plantaire au bout du rouleau et des petits doigts de pieds en PLS.

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L’objet du crime ? Des escarpins, tout simplement. Ou plutôt les talons de ces simples escarpins, plus connus pour leur valeur esthétique que pour leur potentiel bien-être. Loin d’être insensibles au problème, les chausseurs se préoccupent de plus en plus à faire rimer hauteur, avec confort (même si ça ne rime pas, oui). Mais peut-on vraiment s’élever de quelques centimètres sans en payer le prix ? 20 Minutes s’est penché sur la question.

Le « prêt-à-trotter »

Chez Sarenza, site spécialisé dans la vente en ligne de chaussures, le critère confort revient de plus en plus dans la demande de sa clientèle. « Beaucoup de nos clientes aiment les escarpins, mais aiment aussi vivre leur vie et ne pas finir leur journée pieds nus », confirme Marie Laird, chef de marché ville et luxe chez Sarenza. Et pour répondre aux attentes de ses consommatrices, l’entreprise a mis le concept du « prêt-à-trotter », englobant hauteur et confort, au cœur de ses préoccupations. « Je m’inquiète de ce qui est portable dans mes sélections quotidiennes, j’essaye toujours de varier les hauteurs, en me permettant quand même des petites folies », explique Marie Laird.

Mais que signifie le « portable » pour Sarenza ? « Le confort de la chaussure n’est pas qu’une question de hauteur, répond-elle, mais aussi de cambrure, ou encore de largeur de talons. Vous serez toujours plus confortables sur du 4-5 cm, mais aujourd’hui des nouvelles technologies permettent aussi de l’être sur du 8 cm ». Au-delà, par contre, ne vous faites pas d’illusions et n’espérez pas danser le jerk durant des heures sur des talons de 12.

Coussinets, mousse amortissante et talons antichocs

Mais comment améliorer le confort d’une chaussure à talons ? En jouant notamment sur la plateforme avant, dissimulée, ou apparente comme chez Chie Mihara, réputée pour ses hauteurs confortables (comptez entre 250 et 340 euros sur Sarenza). Le tout en restant sobre, sans tomber dans la chaussure de strip-teaseuse.

Le modèle Asha de Chie Mihara
Le modèle Asha de Chie Mihara - Lizzy Studnia

 

Le modèle Clima de Chie Mihara
Le modèle Clima de Chie Mihara - Lizzy Studnia

 

Outre le trompe l’œil, les chausseurs se sont également mis au développement de nouvelles technologies, censées soulager nos petons. Il existe désormais des semelles en hévéa, qui jouent un rôle de mémoire de forme, détaille Marie Laird, des coussinets qui soulagent la voûte plantaire ou encore des talons antichocs, comme chez Tamaris, qui agissent comme des amortisseurs.

Autre technologie, la « mousse amortissante », dite « Cushion Plus », chez Clarks. Grâce à cette mousse « à double densité répartie avec précision à des endroits stratégiques sous le pied pour réduire la pression exercée sur la voûte plantaire », « Grace Eva », le nouvel escarpin de la marque, se targue de « respecter le mouvement du pied ». Et le tout avec un design plutôt chouette (et pour 120 euros).

Le modèle Grace Eva de Clarks
Le modèle Grace Eva de Clarks - Clarks

 

« Mettables », mais pas « confortables »

Ces mousses, coussinets et autres talons antichocs en font-ils pour autant des chaussures confortables ? « La technologie est intéressante car elle permet de les porter et de les supporter, réagit Muriel Montenvert, podologue et secrétaire générale de l’Union Française pour la Santé du Pied (UFSP), disons qu’elles sont "mettables". Elles vont améliorer la sensation de confort, mais pas la santé du pied ». Selon elle, on peut « trotter » avec des talons entre 2 et 4 cm, pas plus. Et si des hauteurs allant de 2 à 6 cm sont correctes et non nocives pour la posture, au-delà ce n’est plus le cas.

« Les chaussures à talon oui, et même à plus de 8 cm, mais occasionnellement ! Car le pied, composé de 28 os, se retrouve sur 5 os seulement sur ce type de chaussures, précise-t-elle. » Et bonjour les douleurs articulaires, la formation de corne, la transformation des orteils en griffes, les problèmes de dos… Pour sa santé, « on choisit ses chaussures avec ses pieds, et non avec ses yeux », conseille Muriel Montenvert. Tout comme le Père Noël, des chaussures à talons (très) hauts et vraiment confortables n’existent pas. Mais bonne nouvelle, des intermédiaires satisfaisants existent désormais sur le marché. Après, tout est question de dosage et de raison, et rien ne nous empêche de souffrir pour être belle, de manière épisodique seulement.