Black Supermarket: Un supermarché transformé en lieu éphémère avant sa destruction

ARTY Au programme du Black Supermarket: de quoi boire, manger, chiner, et se détendre au milieu des caddies. Ouverture ce vendredi 13 janvier...

Antoine Besse
Le Black Supermarket ouvre le vendredi 13 janvier pour un mois, avant sa destruction.
Le Black Supermarket ouvre le vendredi 13 janvier pour un mois, avant sa destruction. — Black Supermarket

La devanture du supermarché Coccinelle Express du 43 rue Notre-Dame-de-Nazareth (3e arrondissement), à Paris, a disparu derrière une couche de peinture noire juste zébrée d’une nuée d’écritures multicolores. Bienvenue au Black Supermarket, le nouveau lieu éphémère imaginé par l’agence Wild Buzz Agency pour les cafés Carte Noire espresso.

En poussant la porte d’entrée, on retrouve quelques vestiges de l’ancienne vie du supermarché : des rayons, des armoires frigorifiques… Mais tout, du sol au faux plafond, des chambres froides aux caisses enregistreuses, a été redécoré par dix pointures du street art (Tanc, L’Atlas…) dans un délire de couleurs et de formes. « On a vraiment voulu que ce soit une expérience artistique dans laquelle on se plonge. Les artistes ont été choisis pour leur grande complémentarité, tout s’imbrique ! », raconte enthousiaste Bertrand Mialet, le directeur de l’agence Wild Buzz Agency.

Une salle repeinte par Astro.
Une salle repeinte par Astro. - Black Supermarket

 

Pour un mois, à partir du 13 janvier, les 400 m2 de l’ancienne supérette deviennent un bar-cantine-maison de quartier psychédélique où les visiteurs vont pouvoir venir travailler, grignoter, siroter un cocktail installé dans un fauteuil caddie… Il est possible aussi de s’y initier au yoga, de chiner lors d’un vide-greniers ou de s’essayer au graffiti digital. « On voulait tordre les codes du supermarché, qui est un lieu glaçant et sans âme, pour en faire un squat ludique, culturel et plein d’émotions où on se rencontre, on parle, on expérimente ! », continue Bertrand Mialet, ravi.

Détourner les codes du commerce

Ce n’est pas la première fois que des artistes détournent le supermarché, lieu de consommation par excellence. En 2014, Karl Lagerfeld avait fait construire, sous la nef du Grand Palais, un « Chanel Shopping Center » où des mannequins défilaient entre les rayonnages plus vrais que nature et, en 2003, un collectif d’artistes et d’agitateurs s’était incrusté dans le Monoprix de la rue du Faubourg-du-Temple à Paris pour un happening rigolard. Au Black Supermarket, les dix artistes invités avaient carte blanche pour envahir l’espace. L’idée était juste d’inclure du noir et de jouer sur les contrastes. « Moi, cela m’a parlé tout de suite car je suis un inconditionnel de Soulages, le grand explorateur du noir sous toutes ses coutures, et puis l’idée de mettre de la vie dans un lieu tristounet était vraiment sympa ! » explique Sun7, street artiste de renom, qui s’est chargé de la devanture du lieu.

Un plafond repris par l'artiste Swiz.
Un plafond repris par l'artiste Swiz. - Black Supermarket

 

Dans les ruines du temple de la consommation

Outre leur symbole de la consommation de masse, les supermarchés offrent également les derniers vastes lieux urbains maintenant qu’entrepôts et usines se font rares. Lieu éphémère, le Black Supermarket occupe l’espace le temps que démarre le projet de réhabilitation. « Le dernier jour d’ouverture, le 12 février, il y aura une “demolition party”, un dernier brunch où on aura le droit de tout casser pour faire place nette avant l’arrivée des ouvriers ! » lâche Bertrand Mialet. Comme on dit dans la grande distribution : tout doit disparaître.