Pauline Brosset veut nous faire porter le chapeau pour Noël

MODE Dans son atelier parisien, la chapelière fabrique des couvre-chefs sur mesure en feutre de castor, cashemere, tweed, soie ou encore cuir...

Coralie Lemke

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L'artisane peut confectionner des casquettes de rappeur jusqu'aux chapeaux d'une compagnie aérienne.
L'artisane peut confectionner des casquettes de rappeur jusqu'aux chapeaux d'une compagnie aérienne. — C. Lemke / 20 Minutes

Tout commence par un café. Dans son atelier au fond d’une petite cour calme dans le troisième arrondissement de Paris, Pauline Brosset accueille aime prendre le temps de connaître ses clients. Voilà cinq ans que la chapelière réalise des pièces sur-mesure, qui correspondent au caractère du visiteur. « J’aime les faire parler pour les cerner, avant de leur proposer différents modèles et couleurs », explique-t-elle, une tasse à la main.

De Churchill à Indiana Jones

Le fedora est son modèle phare, « celui que tout le monde appelle Borsalino », sourit-elle. Mais elle confectionne aussi des chapeaux melon, des casquettes et des modèles Hombourg, « celui de Winston Churchill ». « J’ai déjà eu des demandes un peu folles, comme un homme qui voulait absolument avoir la même casquette que le capitaine Haddock dans Tintin. Un autre qui voulait le chapeau d’Indiana Jones ou celui de Corto Maltese. »

Quand les idées lui paraissent trop loufoques, elle n’hésite pas à en avertir son interlocuteur. « Je ne fabriquerai jamais de chapeau melon verdâtre. Si je trouve que c’est moche, je le dis tout de suite. C’est quand même ma marque qui est cousue sur l’accessoire à la fin. »

Travailler le feutre humide

Une fois que le client sait ce qu’il veut, Pauline Brosset prend des mesures. Elle détermine la hauteur de la calotte et la forme de la tête grâce à des moules. En forme de tête humaine, les modèles en bois s’alignent sur les étagères, entre les machines et mes bobines de fil. Puis la chapelière égalise minutieusement les bords.

Les chapeaux en feutre prennent ensuite forme grâce à la vapeur. « Cette matière est malléable quand elle est humide. Ensuite, on la laisse sécher et elle garde sa forme », explique-t-elle. Vient ensuite le choix des garnitures, c’est-à-dire des éléments de décoration qui viendront personnaliser le chapeau, comme des rubans de couleur. En tout, cinq ou six heures de travail sont nécessaires.

En plus de coiffer les particuliers, elle enchaîne les collaborations qui vont de la casquette pour rappeur aux chapeaux d’une compagnie aérienne. « Il y a des couvre-chefs pour tout le monde. Je suis exaspérée par les gens qui disent ne pas avoir une tête à chapeau. Il n’y a pas de mauvaises têtes. Que des mauvais chapeaux. » Elle avoue rêver de pouvoir fabriquer un jour un chapeau à Harrison Ford. En attendant, la créatrice enchaîne les saisons, passant du panama pendant l’été à la casquette anglaise l’hiver.