Les savons bio de Montreuil à l’assaut des sapins

BEAUTE Depuis 2013, la marque Le Baigneur produit des savons artisanaux qui font le bonheur d’une clientèle internationale...

Mélanie Wanga

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Fabien Meaudre utilise la méthode de saponification à froid pour sa production.
Fabien Meaudre utilise la méthode de saponification à froid pour sa production. — M. Wanga / 20 Minutes

Depuis 2013, cette marque produit une gamme de savons artisanaux qui font le bonheur d’une clientèle internationale. Plongée, tout nez dehors, dans son atelier de fabrication aux mille senteurs. Elle nous embaume immédiatement, cette odeur délicate d’huile de lavande, de romarin et de tournesol qui émane de l’atelier du Baigneur, à Montreuil. Un petit espace immaculé sur deux étages, avec en bas, la cuisine et les rangées de savons qui sèchent, et en haut, les emballages et l’inventaire.

Fabien Meaudre, fondateur et gérant de l’entreprise, explique d’un accent chantant sa démarche : « Je suis venu aux cosmétiques un peu par hasard. J’ai vu un manque dans les cosmétiques pour hommes au rayon bio, et j’ai voulu créer une marque écolo ne proposant que des emballages dans des matières nobles et recyclables. » Après avoir lancé son activité en 2012, l’ex-restaurateur a passé un diplôme de savonnier pour pouvoir maîtriser sa chaîne de production de A à Z.

« J’utilise la méthode la saponification à froid. La méthode industrielle de masse, dite “marseillaise”, de 90 % des fabricants de savons de Marseille ou d’Alep, est celle à chaud qui emploie de l’huile de palme, voire des graisses animales sous-produits des abattoirs ou des huiles minérales issues de la pétrochimie. » Chez Le Baigneur, tout est bio et naturel. Et entre septembre et fin décembre, c’est le rush de Noël.

Un dur labeur

A cette période, « la production est quasi quotidienne », précise Fabien Meaudre. Il nous indique une balance à côté d’une grande cuve en plastique. « Je commence par peser les huiles, qui se divisent en deux catégories : liquides (colza, tournesol) et solides (karité, cacao, coco). Je les mélange, et j’y verse de la soude qui va les saponifier, c’est-à-dire les transformer en savon et en glycérine par réaction chimique. Puis, j’ajoute les principes actifs : argiles, colorants naturels, huiles essentielles, pulpe de coco si le savon est exfoliant… La pâte obtenue est liquide et ressemble à du yaourt. »

C’est ce processus artisanal qui donne au produit sa valeur ajoutée : il contient près de 8 % de glycérine contre 2 % dans les savons industriels, qui ont donc tendance à déssecher la peau. Fabien Meaudre continue : « Je verse ensuite la pâte dans deux grands moules, et quarante-huit heures après, j’obtiens deux gros blocs de savon solide. Chaque bloc est découpé par un système mécanique de grilles qui le divisent en barres, que je redécoupe à l’horizontale. Ce processus donne dix savons de 100 g que je marque du logo du Baigneur. Les lots sèchent pendant un mois avant d’être emballés par ma collaboratrice Zareen. »

Le succès à l’international

La petite entreprise – qui annonce deux employés et 200 000 € de chiffre d’affaires cette année, tout de même – s’exporte bien : « On se développe en France et à l’international. En plus d’être bios et naturels, nos produits sont français et marchent donc particulièrement au Japon, en Corée et aux Etats-Unis. »

Le Baigneur propose quatre gammes de savons pour le corps : la Classique, qui comprend le Savon Tonifiant, le Relaxant et l’Exfoliant ; l’Amuse-Douche, disponible dans certains hôtels ; les Savons de Montreuil, produits avec des artisans de la ville, à la bière ou au beurre de cacao ; et le Savon Quotidien, une collaboration avec la marque American Vintage. Les best-sellers de Noël ? « Le pack classique Trois Savons qui permet de tester nos produits. Ils sont mixtes, mais font leur petit effet sous le sapin pour un copain, mari, frère ou cousin. »