Ras-le-bol des Stan Smith! Quelles sneakers pour se démarquer?

STREET STYLE Trop, c’est trop, la tennis d’Adidas est partout. Les sneakers alternatives pour ceux qui résistent à l’envahisseur…

Anne Demoulin

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La Stan, Stan Smith Adidas.
La Stan, Stan Smith Adidas. — Adidas

Trop de Stan Smith tue la Stan Smith ? Les tennis blanches aux formes arrondies, créées par Adidas en 1963, ont littéralement envahi les rues de Paris et d’ailleurs. Face à ce déferlement, la résistance s’organise. « 70 ans après la libération de Paris, les SS allemands sont de retour dans la capitale, plus nombreux que jamais. On crie au complot ? Tout à fait », dénonce le Tumblr Stop Stan Smith. « J’ai pécho la fille avec les Stan Smith. Laquelle ? », se moque le compte Instagram @stansmithophobe. « Faut-il interdire les Stan Smith ? », s’interrogent nos confrères de Slate. Pourquoi tant de haine ? Quelles paires de sneakers adopter pour se démarquer ?

 

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Une photo publiée par @stansmithophobe le 6 Mai 2015 à 10h32 PDT

La Stan Smith, un phénomène de société qui irrite

Au commencement, l’Adidas Stan Smith s’appelait l’Adidas Robert Haillet. Ce tennisman français a conçu la paire de sneakers blanches, aérée par trois rangées de trous, au début des années 1960. Adidas commercialise les premiers modèles disposant d’un système de protection du tendon d’Achille, de couleur vert, en 1964.

Adidas ne signe un contrat avec le joueur de tennis américain et moustachu qu’en 1973 et rebaptise la sneaker en 1978. La Stan Smith entre dans le Guinness des records en 1990 pour s’être vendue à 22 millions d’exemplaires. Mais au début des années 2010, la paire de tennis est « un mythe qui ne se vend qu’en France », Adidas provoque la stupéfaction en annonçant la mort de la Stan Smith. « En arrêtant de commercialiser la Stan Smith, Adidas a réalisé un bon coup marketing », estime l’auteur de Sneakers (Chêne/E/P/A, 25 €), Ugly Mely.

Le désir nait du manque. « Arrêter de vendre la Stan, c’est comme arrêter le Big Mac. Ou le bon vin, la pop culture et une certaine idée du style. Et de la vie… », s’insurgent les fans de la première heure. Adidas annonce le retour de l’icône en 2014, le 31 mai 2013 sur Twitter, joie sur les réseaux sociaux.

« Adidas a réintroduit la Stan Smith très intelligemment en privilégiant les collaborations en séries limitées comme la Stan Smith X Colette, ou les matériaux originaux comme la Stan Smith Snake », souligne Ugly Mely. « Beaucoup de gens pensent que je suis une chaussure », ironise alors le tennisman Stan Smith dans le clip de promotion.

« Malgré son côté légende hypermythique, la Stan Smith reste à un prix abordable par rapport à d’autres sneakers », note l’experte. Carton plein. La Stan Smith devient la basket la plus vendue de l’histoire d’Adidas, avec plus de 40 millions de paires vendues, selon un rapport annuel de la firme datant 2014.

Fin 2015, les Stan Smith sont omniprésentes et deviennent insupportables. Et même si elles restent intrinsèquement des super-chaussures, elles symbolisent l’uniformisation et le diktat d’un certain style de vie, bobo, urbain et décontracté.

La petite robe noire de la sneaker

« Le succès de la Stan Smith tient au fait que la basket non montante est proche d’un soulier. Ce type de tennis peut se porter partout, au bureau ou dans des lieux qui n’acceptent pas forcément les autres baskets. En blanc ou en noir, ce sont les petites robes noires des sneakers », estime l’auteur de Sneakers.

Si l’on veut se démarquer, la star d’Adidas n’est pas une fatalité. « La Arthur Ashe de Le Coq Sportif, lancée en 1965, a le même côté vintage que la Stan Smith, mais a été beaucoup moins vu aux pieds », lance l’experte. Les connaisseurs apprécieront son style épuré et propre, tout en sobriété.

La Arthur Ashe de Le Coq Sportif. (Le Coq Sportif)

A la suite de la popularité de l’Adidas Stan Smith, Adidas a collaboré en 1970 sur un modèle de tennis en cuir avec Rod Laver, seul joueur de l’histoire à avoir remporté deux fois le Grand Chelem ! Fait rare, l’Adidas Rod Laver n’arbore pas les trois bandes historiques de la marque et dispose d’une semelle douche. Quasiment unie, avec des touches de vert éparses sur la semelle et au niveau de l’empiècement en cuir sur le talon. Son design neutre et ses lignes simples ont séduit le milieu du skate. DQM, Undefeated, ou HUF ont revisité le modèle en 2009 et 2010.

 

Une photo publiée par Yo ! (@boogiedownbrooklyn) le 1 Févr. 2016 à 19h49 PST

La Rod Laver d’Adidas. (Instagram)

La Classic de la marque californienne K-Swiss est née en 1966 est un modèle mythique et reconnaissable par tout sneaker addict qui se respecte, très appréciée dans le monde du hip-hop.

La Classic de K-Swiss. (K-Swiss)

A l’occasion de ses 50 ans, la marque californienne lance un modèle en exclusivité, la K-Swiss IRVINE, un modèle mixte composé de cuir et de gomme, associant expertise athlétique, confort et style.

La K-Swiss Irvine (K-Swiss)

Le modèle Suede de Puma, créé en 1968, tient son nom de la matière de sa partie supérieure et se caractérise par une semelle blanche très épaisse. Comme la Stan Smith, la Suede se porte avec tout. L’une de ses déclinaisons les plus emblématiques est la Clyde en 1973, du nom du célèbre basketteur, le meneur des New-York Knicks, Walt « Clyde » Frazier, ancien All-Star et icône du street style hors des terrains, qui signe en 1973 un contrat qui fera de lui le premier basketteur à bénéficier d’une chaussure à son nom, ou plutôt son surnom, une décennie avant Michael Jordan… L’iconographie de la Suede est aussi forte que ses concurrentes comme l’Adidas Superstar ou la Cortez de Nike.

La Suede de Puma (Puma)

Toujours inconditionnels de la mythique Stan Smith ? Jouez les rebelles et adoptez les éditions limitées qui vous permettront de vous différencier, le site Sneakers Addict les recense. Et rétorquez aux haters : « Merci de troller les porteurs de Converse, la chaussure la plus vendue de tous les temps ! »