VIDEO. J’ai testé le « before work », la teuf avant d’aller au taf

TENDANCE Je me suis levée aux aurores pour participer à la première édition de Daybreaker à Paris. J’ai fait la fête avant d’enchaîner ma journée au boulot, mes impressions…

Anne Demoulin

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La première matinale Daybreaker a eu lieu le 29 janvier 2016 à Paris au Théâtre du Renard.
La première matinale Daybreaker a eu lieu le 29 janvier 2016 à Paris au Théâtre du Renard. — A. Demoulin/20 Minutes

Me lever pour aller danser aux aurores, moi qui ne me couche jamais avant 1h du mat', le défi à relever me semblait colossal. Et pourtant…

5h du mat, le réveil sonne, j’ai des frissons, je coupe le son 

5h, « Snooze », une, deux, trois fois. 5h45, je réussis à m’extirper de mon lit, j’ai dormi quatre heures et je me demande ce que je suis allée faire dans cette galère. J’ai accepté de tester la première édition de Daybreaker, la nouvelle fête matinale before work parisienne. Je suis invitée par Clinique, partenaire de l’événement, qui lance à cette occasion Pep-Start Eye Cream, un soin yeux défatiguant.

6h : j’en aurais bien besoin au vu de ma mine déconfite dans le miroir…

Comment se saper en mode teuf pour ensuite enchaîner sur le taf ? L’invitation indique : « Soyez funky, coloré, déjanté, animal » et préconise « les costumes exubérants ». J’opte pour une tenue noire avec une touche glitter. Je sors mon make-up des grands soirs.

6h30 : « Tu veux un thé ou un rhum-coca pour le p’tit déj’?»…

C’est ce que me lance mon mec qui vient de se lever. Patrick Cohen a cédé la place à un remix d’Al Kent pour m’ambiancer. Je veux retourner me coucher. Je prends mon p’tit dèj’, fringuée comme pour la Saint-Sylvestre. Je quitte l’appart’vers 6h50. Nuit, froid et personne à l’arrêt de bus, j’ai le seum.

Je suis attendue à partir de 7h au Théâtre du Renard à Paris (4e). Certains « Daybreakers » ont commencé à 6h par une séance de yoga. Mal réveillée, je rate ma correspondance. Je jouis seule de la cour Napoléon du Louvre à cette heure indue. Dans le métro, je savoure. Les autres partent bosser et tirent la tronche, je pars danser et commence à sourire. Yolo !

 

Une photo publiée par Sara Ferhi (@saraleftbank) le 28 Janv. 2016 à 21h42 PST
 

7h25 : à l’entrée du Théâtre du Renard, on fouille mon sac…

On me tamponne l’avant-bras comme dans une boîte de nuit. Le vestiaire affiche complet. Je salue l’attachée de presse qui m’a invitée : « Super, vous êtes là ! J’ai eu plein de désistements hier soir. Les journalistes trouvaient le concept sympa, mais ils ne se voyaient pas se lever si tôt ! ». Instant fierté.

7h30. Le duo de DJ FDVM distille aux platines une deep-house mâtinée de disco, savamment dosée. La salle est bondée. Oufissime ! Des gens, décorés comme des sapins de Noël, dansent dès potron-minet ! Je croise une fille en kimono, un homme-lion, quelques têtes couronnées. « Je ne suis pas du tout du matin, c’est un petit défi que je me suis lancée, et je me suis prise au jeu », m’explique Sonia. « Au début, on vient juste pour voir, c’est quand même bizarre d’aller danser de bon matin et en fait, tout le monde est à fond ! », se réjouit Marine. Le flow du MC made in New York Elliott LaRue motive tout le monde.
 

Le bar au Daybreaker. (A. Demoulin/20 Minutes)

7h45 : je fais le tour de la salle…

Open bar. Le zinc évoque celui des bars à jus de fruits vegan de San Francisco. Jus, smoothies, eau de coco, mandarines, bananes et biscuits aux céréales remplacent les pintes et les shots. « L’énergie est très positive. Avec l’alcool, les drogues, pendant les soirées, c’est plus dark. Là, tout le monde est bien dans la bonne humeur », commente Louise. Tout le monde sourit, discute, on dirait que tout le monde est sous ecstasy. « Daybreaker est né en 2013, quand mon mec, Matthiew Brimer, et moi, on s’est dit qu’on était épuisé de sortir dans les bars et en clubs, raconte Radha Agrawal, la cofondatrice de Daybreaker. A New York, tout le monde buvait, tout le monde était sur les drogues, mais plus personne n’était connecté, la vie nocturne était devenue sinistre. »

Fruits et céréales à volonté au Daybreaker. (A. Demoulin/20 Minutes)

8h : à l’étage, un mec, nippé façon fakir, distribue du thé des yogis

Ça dragouille, mais ça ne s’emballe pas. On s’échange les 06, on se choppera plus tard. « J’avais envie de changer un peu mon quotidien, de me lever plus tôt le matin pour faire une expérience, d’aller en boîte sans boire d’alcool, d’avoir de l’énergie positive », me confie Guillaume.

La marmite de thé des Yogi au Daybreaker. (A. Demoulin/20 Minutes)

8h15 : un saxophoniste se joint au DJ et met le feu à la piste…

Les pelures de mandarine et autres peaux de banane jonchent les tables.

8h30. La fanfare The BrassTa joue une version d’ I Feel Good déjantée. « Les artistes sont un des pilliers de Daybreaker. A chaque fois, il y aura de la musique, des performances, de l’art visuel », promet Cordelia, coorganisatrice de l’événement en France.

8h45. La musique s’arrête. Le MC demande à l’assemblée de fermer les yeux. Il s’agit d’absorber « l’énergie collective et positive » de la salle. Au départ, je me dis « Weirdo », au final, ça permet de se relaxer. « On a repris les principes de Burning Man, et créé une communauté de Daybreakers », précise Radha Agrawal. Le MC demande à l’assemblée de s’assoir. Les organisateurs se succèdent pour dire quelques mots. « On a commencé à New York avec des amis. Le projet a grandi. Daybreaker est présent dans 10 villes et quelque 150.000 personnes y participent dans le monde. De tous les lancements, celui de Paris est mon préféré, confie la brune trentenaire. J’ai pleuré trois fois, j’étais ému parce que j’ai vécu à Paris pendant six mois quand j’avais 21 ans. » Les artistes Yalloh et L’Oiseau noir chantent chacun un morceau, simplement accompagné d’une guitare. Un poème imprimé sur une petite carte circule, le MC demande qu’on le lise tous ensemble. Applaudissements. Ce petit quart d’heure plus posé permet de faire redescendre l’excitation liée à la danse et de repartir vers la vie normale.

Matthiew Brimer et Radha Agrawal (affublés d’un chapeau), les fondateurs de Daybreaker.

9h. Au vestiaire, les gens récupèrent des sacs à dos…

Ils troquent leur déguisement contre leur tenue de travail. « J’ai pris un tee-shirt de rechange et du déo », détaille Marine. Aux toilettes, restées impeccables, quelques jeunes femmes se refont une beauté. Je sors et me rends compte que je n’ai pas fumé depuis presque deux heures. Je ne suis pas fatiguée, j’ai le sourire et je déborde de cette fameuse « énergie positive » que tous les interlocuteurs interrogés ont évoquée pendant nos échanges. Si vous ne traînez pas, vous pourrez arriver au boulot à une heure correcte. J’embraye sur ma journée de travail sans aucune difficulté. Je n’ai qu’une envie : y retourner avec mes amis. La prochaine session est attendue courant mars. La boîte le matin, ça vous change la journée !