Tendance : quand la chaussette se la pète

CHIC Elles s'affichent à motifs ou colorées, il est temps de ne plus les cacher.

Aurélie Selvi

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Synonymes de fantaisie, les chaussettes s'assument même pailletées.
Synonymes de fantaisie, les chaussettes s'assument même pailletées. — © La Petite Pauline

Le saviez-vous ? Il n’y a pas que le moral qui peut se cacher au fond des chaussettes. Le style aussi en a fait son QG. Le petit bout de tissu, longtemps tapi dans l’ombre des chaussures et des pantalons, est devenu le nouveau must have. Preuve suprême: la modeuse en chef Rihanna a été recrutée en 2015 pour mettre ses fashion compétences au service de la marque Stance socks, pour qui elle a développé une collection baptisée « Punk et Poète ». Une gamme de chaussettes en série limitée et numérotées, comme des œuvres d’art. Oui oui.

Le come-back de l’accessoire n’a pas échappé aux bloggeuses mode Made in France, à l’instar de Pauline, 25 ans, qui y a consacré un post (« Passion chaussettes ») sur son site, La Petite Pauline, aux 15 000 visiteurs mensuels: « j’avais remarqué la tendance en 2014 lors d’un défilé Saint Laurent. Des mannequins portaient des chaussettes en lurex et j’avais trop aimé, se souvient-elle. Et puis l’offre a fleuri chez Topshop, chez Monki… »

Quelques mois plus tard, une quarantaine de paires peuple ses étagères et la jeune fille a érigé l’accessoire au rang d’incontournable. « J’en ai de toutes sortes : socquettes, à volant, en noir, en blanc, à imprimés. Des transparentes avec bordure dentelle, des montantes. Je les adapte à mes tenues. Par exemple, avec le grand retour des baskets unisexe, elles peuvent aider à en féminiser une paire plutôt masculine, comme des Stan Smith. »

 

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Une photo publiée par ♛ Soxy Socks ♛ (@soxy) le 30 Déc. 2015 à 16h37 PST

 

Une tendance de taille

Coralie, elle, a plongé dans l’addiction il y a plus de 10 ans. Frustrée de ne pas trouver chaussettes à son pied, cette fan autoproclamée a décidé, dès 2013, de lancer sa marque, Pas chassé. « En France, la peur du style « allemand » - la chaussette dans la sandale - était forte et l’audace restait cantonnée aux collants et au mi-bas, analyse-t-elle. Il n’y avait pas de compromis entre socquette (trop courte) et chaussette (trop haute), qui alourdit la jambe. Alors on a créé une hauteur intermédiaire de 14 cm qui permet un joli timbré cheville. Pour éviter l’effet bourrelé dans la chaussure, on utilise de la cellulose végétale, plus fine et qui colle mieux à la peau », détaille ce docteur ès chaussettes.

Dans sa collection: des modèles à paillettes à glisser dans des compensées ouvertes, des rayées qui s’affichent dans des derby léopard ou encore des chaussettes « coutures », façon collant des années 50, à porter dans une chic paire d’escarpins. « Car l’accessoire s’inscrit évidemment dans un concept chaussettes-chaussures », souligne-t-on chez Pas Chassé.

 

Pauline, bloggeuse mode, a érigé la chaussette au rang d’accessoire mode incontournable. - © La Petite Pauline

 

Même expertise pour Laureen Allegro, styliste et personnal shoppeuse à Paris, qui voit dans la chaussette un accessoire « bon marché pour poser une silhouette, une tenue et affirmer son style ». « Il y a une multitude de manières de la porter: de façon rock avec des Richelieu, dans des escarpins avec un jean roulotté, tout en nuançant avec un chemisier fluide plus sobre. Les plus téméraires osent l’association talons-chaussettes + jupe ou short. L’accessoire convient bien aussi aux hommes un peu dandy, à condition qu’ils bannissent le modèle sport pour une paire classe », égraine-t-elle.

Aucun faux pas n'est permis

Une façon de se démarquer, donc, adaptable à tous les budgets, en craquant pour une paire dès 5 € dans la grande distribution ou en faisant chauffer la CB pour s’offrir un modèle créateur, à l’instar de cette paire de ballerines Chanel avec chaussettes en cuir intégrées… à 1300 €.

Prudence tout de même. Car dans la galaxie chaussettes, le fashion faux-pas guette. « Il y a des limites à ne pas dépasser. Je me suis achetée une paire avec des Emoji mais c’est que pour la maison », dixit la bloggeuse Pauline. Lors de ses séances relooking, Laureen Allegro, non plus, ne dégaine pas l’accessoire à tout prix : « Il faut que ça corresponde à la personne, à son métier, son caractère. Je la déconseille à une cliente de 50 ans plutôt classique, il ne faut pas friser le ridicule. »

Trentenaire bossant dans la mode, Monia, elle, est depuis longtemps décomplexée sur le sujet. « J’ai toujours accepté mes chaussettes. Même au collège, je ne les ai jamais cachées », avoue celle qui les porte à toutes les sauces. « J’utilise la chaussette pour féminiser des tenues comme un grand tee-shirt large porté sur un short ou en robe, par exemple. Je les porte beaucoup au printemps ou en été, quand j’ai les jambes nues. En hiver, elles deviennent de bonnes copines contre le froid. C’est sans doute pas homologué mais j’aime les faire remonter par-dessus mon jean. » Un look plus « ghetto » qui lui a valu d’être rebaptisée LL Cool J dans la supérette de son quartier.