Fashion Week: Paris entend bien rester la «capitale de la mode»
MODE Ce n’est pas un hasard si Anne Hidalgo veut que « toute la ville vibre aux couleurs de la Fashion Week »…
Une grande dame comme égérie. La Tour Eiffel s’habille aux couleurs de la Fashion Week jusqu’au 7 octobre. Une opération qui s’inscrit dans la campagne La mode aime Paris, lancée ce mercredi par la maire de la Ville, Anne Hidalgo, qui souhaite que « toute la ville vibre aux couleurs de la Fashion Week ». Une initiative qui n’a rien de frivole.
Le titre de « capitale de la mode » très convoité
« Historiquement, Paris est la capitale de la mode. La haute couture y est née », se félicite Philippe Zorzetto, coauteur du Dressing de Rêve des Parisiens (Editions du Chêne).
Un titre disputé avec ses traditionnelles rivales – New York, Londres et Milan – et avec une nouvelle concurrence. « Pas moins de 200 semaines de la mode sont organisées dans le monde », souligne Frédéric Godart, sociologue de la mode et professeur à l’Insead.
Projections de défilés sur écrans géants, illuminations, affiches : « La semaine de la mode doit devenir un événement populaire », ambitionne Bruno Julliard, 1er adjoint à la maire de Paris en charge de la culture, du patrimoine et des métiers d’art.
Des atouts et des points faibles
Paris veut conserver son titre et peut compter sur « le nombre, le savoir-faire et l’expérience de nos maisons de coutures, l’excellence de nos créateurs, de nos artisans », souligne Bruno Julliard, même si « un effort doit encore être fait du côté des écoles de mode », observe Frédéric Godart.
Même constat à la Ville qui annonce vouloir « développer des liens plus forts entre écoles et maisons de couture » et « l’ouverture de nouveaux diplômes au niveau master ».
La mode, « un atout majeur »
Pourquoi miser sur la mode ? « C’est un atout majeur de l’attractivité de notre ville », explique Bruno Julliard. « Une source de pouvoir, plus exactement de soft power, essentielle », considère Frédéric Godart.
Paris a clairement en tête l’importance des retombées économiques induites, en termes de tourisme, mais aussi d’emplois. Le secteur mode représente 60.000 emplois directs et des dizaines de milliers d’emplois indirects rien que dans la capitale.
Installation de jeunes créateurs dans des pépinières, création de prix, d’une salle d’exposition permanente au Palais Galliera, le musée de la mode de la Ville. « A l'étranger, Paris rime avec mode grâce à Saint Laurent, Dior et Chanel, note Bruno Julliard. Ce serait dommage de ne pas miser sur ce capital exceptionnel ».