Fashion Week : Les noces d’or de Karl Lagerfeld et Fendi perturbés par les anti-fourrures

MODE Le couturier a présenté sa collection « haute fourrure » tandis que des militants de la Fondation Brigitte Bardot l’interpellaient…

Anne Demoulin

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A gauche, une militante de la Fondation Brigitte Bardot, à droite, une création de Karl Lagerfeld pour Fendi.
A gauche, une militante de la Fondation Brigitte Bardot, à droite, une création de Karl Lagerfeld pour Fendi. — Fondation Brigitte Bardot/PIXELFORMULA/SIPA

La plus longue collaboration d’un designer dans une maison. Fendi organisait ce mercredi au Théâtre des Champs-Élysées son premier défilé « haute fourrure » à Paris pour célébrer les 50 ans de collaboration avec le couturier Karl Lagerfeld. « Ah non, pas d’anniversaire ! Quand on commence à regarder en arrière, on devient myope sur l’avenir. La mode, c’est de six mois en six mois », avait défendu le Kaiser de la mode dans une interview accordée à nos confrères de Paris Match. Avant que son défilé ne soit perturbé par les militants anti-fourrures de la Fondation Brigitte Bardot.

L’opposition de militants anti-fourrures

Karl Lagerfeld décline la fourrure à l’envie : de longs manteaux en fourrure aux poils courts et unis, accessoirisés d’une fleur de couleur, des robes courtes laissant transparaitre la peau, des mini-capes, le jupon d’une robe, ou encore la doublure d’une cape. Une collection très réussie sur le plan esthétique, mais qui pose des problèmes éthiques.

Et, sans surprise, l’événement a suscité la mobilisation de militants anti-fourrures, Peta et la Fondation Brigitte Bardot. Des militantes de la Fondation Brigitte Bardot se sont mêlées aux invités. L’une d’elle a enlevé son manteau de fourrure pour laisser apparaître un corps nu écorché, une autre, cadavres de renards sur les épaules et mains ensanglantées, a brandi des pancartes avec les mentions « Fendied » ou encore « fourrure stop à la torture ».

Karl Lagerfeld a été interpellé via des vélos taxis, présents aux abords du show à l’effigie du créateur et de Choupette face à un renard enfermé dans une cage, avec en légende : « Pour moi l’amour, pour lui la mort… Haute torture chez Fendi ».

« La fourrure ce n’est pas du luxe, c’est l’industrie de la mort et de la souffrance. Des millions d’animaux piégés ou élevés en batteries, puis gazés ou électrocutés. Nous sommes présents au défilé Fendi pour dénoncer l’horreur de cette industrie, mais aussi l’indécence de Karl Lagerfeld qui en fait des tonnes pour sa chatte Choupette, tout en se foutant royalement des animaux sacrifiés, parfois dépiautés vivants, pour une mode futile et vulgaire », a dénoncé Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot.