VIDEO. Fashion Week: Les 61 façons de dire «Oui» de Jean Paul Gaultier

MODE Le couturier a présenté sa vision du mariage, joyeuse, théâtrale et décalée, faite de pièces montées faites de bigoudis et de Naomi Campbell en bouquet final...

20 Minutes avec AFP
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Le couturier français Jean Paul Gaultier et le mannequin britannique Naomi Campdell, le 28 janvier 2015 à Paris
Le couturier français Jean Paul Gaultier et le mannequin britannique Naomi Campdell, le 28 janvier 2015 à Paris — Miguel Medina AFP

«To bi or not to bi», «La mariée bipolaire», «Jamais avant le mariage», «Gazon maudit»: les noms des modèles donnent le ton, anticonformiste et drôle, du défilé haute couture printemps été 2015 de Jean Paul Gaultier. Le couturier, libéré du prêt-à-porter (arrêté en septembre dernier), s’amuse avec les codes. «C'est le mariage pour tous, en fin de compte!», s'exclame Jean Paul Gaultier, en coulisses. «Il y en a pour toutes formes de mariage, tous les âges, le nombre de fois qu'on veut!».

61 façons de se dire «oui»

«En couture, on voit beaucoup de robes de mariée, moi je n'en ai jamais fait vraiment spécialement, je me disais, après tout c'est quand même l'essence de la couture, pourquoi pas s'attarder sur le mariage et faire des robes de mariées, en se demandant ce qu'est une robe de mariée d'aujourd'hui», explique-t-il.

Au son du White Wedding de Billy Idol, de Quelqu'un m'a dit de Carla Bruni et Andy des Rita Mitsouko, clin d'œil à Catherine Ringer et Carla Bruni-Sarkozy qui étaient dans la salle, se sont ainsi succédé  61 façons de se dire «oui» dans les locaux de la maison de couture à Paris.

Assis sur des chaises blanches de mariage, Catherine Deneuve, Dita Von Teese, Conchita Wurst et Arielle Dombasle, ont assisté à une fête éblouissante avec des robes de mariée à double face, des pièces montées faites de bigoudis, et Naomi Campbell en bouquet final.

«La mariée peut être à la fois très romantique avec du blanc, de la dentelle, du tulle, des voiles, mais aussi quelque chose de plus masculin, quelquefois bi, bipolaire, une moitié fourreau, l'autre côté robe de bal. Je voulais montrer qu'on peut en fin de compte s'habiller et être mariée de plein de façons!», détaille Jean Paul Gaultier.

«Perfectionner la technique»

Smoking fluide, bustier à queue-de-pie, jupons sertis de jean, robe asymétrique mi-droite, mi-patineuse, trench d’où s’échappe un jupon de tulle, robe bi matières et bicolores, vestes trompe-l’œil, robes avec moitié de crinolines, robes mi-drapées, mi-lanières…  

L'arrêt du prêt-à-porter, confie Jean Paul Gaultier, lui a permis d'encore «plus perfectionner la technique et tout le travail d'atelier, qui était incroyable».

«Et il y a aussi des techniques qui ne se voient pas! Comme des rayures tennis qui n'en sont pas, mais sont en réalité des broderies faites de petits nœuds, et qui donnent une espèce de pesanteur à la matière», s'enthousiasme le créateur.

Anna Clevelan défile dans une robe fourreau turquoise, à motif boa et au buste rebrodé de perles, coiffée d'une sorte d'anémone géante, en hommage à Liz Taylor et ses sept mariages.

Certaines robes sont plutôt faites pour le divorce, reconnaît-il, à propos de tenues «reptiliennes», à motif python.

 Fermant le bal, Naomi Campbell est le «bouquet final», vêtue seulement d'un body de feuillage et de fleurs, recouvert d'un plastique transparent noué d'un ruban à la taille.

Un casting très ouvert

Pour jouer les mariées, le casting était «très ouvert», souligne Jean Paul Gaultier, qui a toujours aimé faire défiler des mannequins hors normes, moins maigres, ou plus âgées que d'habitude.

«Il y avait les années 1980, les années 1990, les années 2000, 2010, tout est mélangé! Il y avait à la fois des nouvelles filles, et des anciennes de mes débuts. Naomi, je l'ai prise comme mannequin quand elle avait 17 ans», rappelle-t-il. Parmi les «anciennes» aussi, Claudia Huidobro, Violeta Sanchez, Christine Bergstrom.

«Elles sont toujours belles et vous avez vu comme elles ont bien défilé! Elles marchent d'une façon quelquefois plus moderne que certaines filles d'aujourd'hui», juge-t-il.