«Papier Glacé» sort la photographie de mode des magazines

MODE Le Palais Galliera Musée de la mode de la Ville de Paris consacre une exposition aux plus grands photographes du groupe de presse américain Condé Nast jusqu’au 25 mai 2014…

Anne Demoulin

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Deborah Turbeville, «Vogue» américain, mai 1975.
Deborah Turbeville, «Vogue» américain, mai 1975. — 1975 Condé Nast

Helmut Newton, Guy Bourdin, Peter Lindbergh... Le groupe Condé Nast qui édite Vogue, Vanity Fair, Glamour et W, a très tôt compris l'importance des photographes de mode. L’exposition «Papier glacé Un siècle de photographie de mode chez Condé Nast», au Palais Galliera Musée de la mode de la Ville de Paris jusqu’au 25 mai 2014, rassemble près de cent cinquante tirages, puisé dans les archives du groupe de presse par l’historienne de la photographie Nathalie Herschdorfer.

Faire dialoguer les photographies

A Milan, Edimburg et Berlin, les tirages étaient présentés selon un ordre chronologique. Les clichés sont présentés à Paris autour de sept thèmes. De fait, des dialogues se nouent entre les jeux surréalistes de Man Ray et ceux de Guy Bourdin. «J’avais envie de rapprocher certaines images, de casser la chronologie, de montrer les influences, les filiations entre les photographes», explique la commissaire de l’exposition, Sylvie Lécallier.

«La photo de mode, comme la mode, a besoin de se renouveler et en même temps, elle puise dans son passé, comme la mode aussi. Cet accrochage s’est donc  imposé», précise Sylvie Lécallier. Du coup, on regarde ces photographies complètement différemment.

Des images fortes

«Si nous avions respecté la chronologie, le visiteur se serait dit, “là, nous sommes dans les années 1930, ça correspond à une esthétique, là, nous sommes dans les années 1940, on fait autre chose”. Faire cohabiter des photos anciennes avec des contemporaines montre que la photographie de mode raconte un peu toujours la même chose.

«Les photographies de mode sont des images fortes. Il faut avoir un impact immédiat et puissant dans la page du magazine. Prenez par exemple la première photo de Guy Bourdin pour Vogue, elle montre une femme avec une capeline et en arrière plan, des têtes de veau.», souligne Sylvie Lécallier. Un cliché qui a marqué au-delà de l’histoire de la photographie de mode l’histoire de la photographie tout entière.  

Des photos qui tiennent le mur

Au mur, ces photographies de mode prennent encore une autre dimension. «Il y a des images qui tiennent le mur, d’autres, qui tenaient la page de magazine mais qui ne tiennent pas le mur», analyse la commissaire.

Accrocher ces photographies dans un musée les valorise. «L’exposition veut montrer que cette histoire de la photographie de mode, nous l’avons tous un peu en nous. Elle fait partie intégrante de notre culture visuelle», conclut la commissaire.