Fashion Week: La nouvelle femme Vuitton, imaginée par Nicolas Ghesquière

Mode Le créateur français a présenté sa première collection pour la célèbre malletier...

avec AFP

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Défilé automne-hiver 2014-2015 Vuitton, à Paris, le 5 mars 2013.
Défilé automne-hiver 2014-2015 Vuitton, à Paris, le 5 mars 2013. — BERTRAND GUAY/AFP

C'était LE rendez-vous que toute la mode attendait. Le créateur français Nicolas Ghesquière a présenté mercredi sa première collection Vuitton dans un décor épuré, loin des fastes et extravagances de son prédécesseur, Marc Jacobs.

«Aujourd'hui est un nouveau jour, un grand jour»

La nouvelle femme Vuitton, imaginée par Ghesquière, est féminine, moderne et s'habille près du corps, dans des vêtements très structurés, le plus souvent ceinturés, marqués à la taille.

Le designer a fait un important travail sur les matières, à commencer par le cuir, souvent en association avec d'autres textures, comme ce débardeur en cuir avec minijupe.

Les tons sont hivernaux, souvent noirs, beiges, marrons. Robes et jupes sont pour la plupart au-dessus du genou.

>> Voir la vidéo du défilé, ici.

Le designer avait laissé sur chaque siège un petit mot à l'intention des privilégiés invités à assister à ce grand moment de la mode: «Aujourd'hui est un nouveau jour, un grand jour. Vous allez voir mon premier défilé de mode pour Louis Vuitton», écrit le designer en anglais, évoquant son «immense joie d'être là».

Nicolas Ghesquière salue l'héritage de Marc Jacobs

Parmi les invités à cette première: Charlène de Monaco, Jean Paul Gaultier,  le mentor de Nicolas Ghesquière, mais aussi Catherine Deneuve et sa fille Chiara Mastroianni, Isabelle Huppert et l'actrice chinoise Fan Bingbing.

Dans sa note signée d'un simple «Nicolas», tout en «saluant le travail de Marc Jacobs», le designer dit sa volonté de «ne faire qu'un» avec la «philosophie» et le «fier héritage» de cette maison centenaire. »Est-ce que tout designer ne cherche pas finalement à créer quelque chose hors du temps?», écrit-il.

Le carton d'invitation a été glissé dans une pochette noire en cuir «épi», donnant rendez-vous dans la cour carrée du Louvre, où Marc Jacobs présentait déjà ses collections pour Louis Vuitton.

Vuitton, un renouvellement nécessaire

Formé chez Jean Paul Gaultier, Nicolas Ghesquière passe pour l'un des créateurs les plus talentueux de sa génération. En 1997, à 26 ans, il est devenu l'héritier de l'un des plus grands noms de la mode, l'Espagnol Cristobal Balenciaga. Il a passé 15 ans dans cette illustre maison qu'il a réveillée, précédant les tendances, donnant le «la» à la mode.

Il s'est taillé une réputation d'enfant prodige, visionnaire, chef de file d'une mode avant-gardiste et élitiste. Mais on ne l'a plus revu depuis qu'il a quitté Balenciaga, à l'automne 2012. Le retour du créateur, né en 1971 dans le nord de la France, est d'autant plus attendu.

On imagine qu'il dessinera un prêt-à-porter plus avant-gardiste et plus pointu, d'autant plus que la griffe, qui fête cette année ses 160 ans, a entamé un repositionnement sur des produits plus haut de gamme et exclusifs.

A elle seule, la marque Vuitton pèse aujourd'hui plus de 7 milliards d'euros de chiffre d'affaires. La maroquinerie assure environ 80% des ventes totales de Vuitton, selon une note d'analyse de la HSBC.

Mais la griffe doit se renouveler, car sa croissance a nettement ralenti ces derniers mois. Cela repose en partie sur les épaules de Nicolas Ghesquière, qui a d'ores et déjà réussi à créer le buzz dans la mode avant même son premier défilé.