La fourrure fait son retour sur les podiums, les défenseurs des animaux sont en colère

MODE Quelque 70% des designers auraient utilisé de la fourrure dans leurs collections d'hiver l'an dernier…

J.M. avec AFP

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Défilé Moncler à Paris, le 6 mars 2013.
Défilé Moncler à Paris, le 6 mars 2013. — BOISIERE/SIPA

De retour en force sur les podiums des grandes capitales de la mode, la fourrure alimente une industrie florissante en Europe du Nord au grand dam des ONG inquiètes pour le bien-être animal.

Peaux de vison et de renard sont omniprésentes dans les défilés de mode. Selon le site fashionista.com, 70% des designers en ont utilisé dans leurs collections d'hiver l'an dernier, tendance qui semble se confirmer aux fashion weeks cette année. En dix ans, la production mondiale de vison a doublé pour atteindre 66 millions de peaux l'an dernier, selon la maison d'enchères finlandaise Saga Furs.

La fourrure a dépoussiéré son image

Grâce à des innovations techniques et au marketing, la fourrure a dépoussiéré son image. Exit le long manteau brun pour vieilles dames nanties, l'heure est aux garnitures vestimentaires - cols, capuches, ceintures... - à poils branchées. En Russie et en Chine, principaux foyers de croissance, elle est devenue un signe extérieur de richesse comme la grosse berline allemande et la maroquinerie de marque.

Malgré la montée des producteurs chinois, l'Europe reste le premier producteur, Danemark en tête: les 1.400 élevages danois ont exporté pour 13 milliards de couronnes (1,7 milliard d'euros) de peaux de vison l'an dernier, ce qui en fait son principal produit d'exportation vers la Chine où les peaux sont travaillées et, pour une partie d'entre elles, commercialisées.

Des labels garantissant le bien-être animal

Soumise aux recommandations du Conseil de l'Europe qui fixent notamment la superficie minimale des cages à 0,8 m2 pour le renard et 0,255 m2 pour le vison, l'industrie a créé des labels censés garantir l'origine des animaux et leur bien-être.

Une initiative perçue comme une vaine tentative d'«écoblanchiment» aux yeux de l'association autrichienne Vier Pfoten (Quatre Pattes) qui vient de diffuser des images tournées selon elle dans un élevage de Finlande, pays qui détient la palme européenne de la peau de renard. Cet élevage a beau se prévaloir du label «Saga Furs», censé être synonyme de «pratiques responsables», les conditions y relèvent de la «torture» aux yeux de l'association.

Interdiction d'élevage d'animaux de fourrure

Les opposants à la fourrure ne désarment pas. Leurs actions peuvent prendre un tour violent comme en Suède où les élevages sont la cible de raids et les exploitants parfois physiquement agressés. Plus pacifiquement, certains pays choisissent d'interdire l'élevage d'animaux de fourrure. C'est le cas des Pays-Bas, troisième producteur mondial de vison, qui bannira totalement cette pratique. Enfin, à compter de 2024.

Acteur aussi significatif avec respectivement 1 et 4% de la production de peau de vison et de renard, la Norvège s'est donné jusqu'à la fin 2014 pour réfléchir au démantèlement contrôlé de son industrie ou à son développement durable.